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Covid-19 : Les effets du virus sur le cerveau se confirment[1]

 

SANTÉ : Une étude constate des conséquences à long terme sur le cerveau, en particulier la « substance grise » qui comprend les neurones.

Le Covid-19, avant tout une maladie respiratoire, pourrait aussi frapper le cerveau. Soupçonnés depuis le début de la pandémie, les effets neurologiques de la maladie semblent désormais avérés par des travaux récents, y compris en cas de formes légères.

Un impact délétère

On observe « un impact délétère lié au SARS-Cov-2 », le virus à l’origine du Covid-19, dans les cerveaux de personnes infectées des mois plus tôt, selon une étude publiée ce lundi dans la revue Nature. Ce travail est important car il apporte les preuves les plus solides en date que le Covid peut avoir des conséquences à long terme sur le cerveau, en particulier la « substance grise » qui comprend les neurones.

Un constat pas si récent

L’idée n’est pas nouvelle. Elle est quasiment évoquée depuis le début de la pandémie début 2020, nombre de médecins ayant alors constaté des troubles neurologiques chez des patients atteints du Covid. Depuis, de multiples études sont allées dans ce sens. Certaines ont montré que la proportion de troubles cognitifs était plus élevée chez les anciens malades du Covid. D’autres ont directement observé le cerveau de patients et y ont constaté des anomalies.

Une étude plus précise

Toutefois, la première catégorie d’études ne peut mettre en évidence un mécanisme direct de cause à effet. Quant aux seconds travaux, ils étaient réalisés sur un petit nombre de patients, généralement atteints de formes graves. Dans certains cas, il s’agissait même d’autopsies de patients décédés. L’étude publiée lundi est bien plus concluante. Elle étudie un nombre relativement important de personnes – plusieurs centaines – et s’intéresse à l’état de leur cerveau, selon qu’elles aient été atteintes ou non par le Covid-19.

Des résultats affolants ?

Quels sont les résultats ? Les anciens malades du Covid-19 ont globalement vu leur cerveau se réduire. En moyenne, une infection au virus se solde, plusieurs mois après, par une perte ou la lésion de 0,2 % à 2 % des tissus cérébraux en plus de ce qui est observé chez les non malades. Faut-il pour autant s’affoler et imaginer un virus qui remonte systématiquement au sein du cerveau et attaque irrémédiablement les neurones ? Loin de là, et l’étude ne permet de conclure ni sur les mécanismes de ces atteintes cérébrales ni sur leur irréversibilité.

L’odorat au centre

Les chercheurs font une observation cruciale, mais qui peut être interprétée de plusieurs façons : après une infection au Covid-19, les zones du cerveau les plus frappées sont celles liées à la perception des odeurs. Or, la perte de l’odorat est l’un des symptômes les plus courants du Covid-19. C’est probablement car le nerf olfactif est attaqué par le virus ou, comme le suggère une récente étude, par la réponse immunitaire à l’infection.

Résumé[2]

Il existe des preuves solides d'anomalies liées au cerveau dans le COVID-19. On ne sait cependant pas si l'impact de l'infection par le SRAS-CoV-2 peut être détecté dans des cas plus bénins, et si cela peut révéler d'éventuels mécanismes contribuant à la pathologie cérébrale. Ici, nous avons étudié les changements cérébraux chez 785 participants à la biobanque britannique (âgés de 51 à 81 ans) imagés deux fois, dont 401 cas qui ont été testés positifs pour l'infection par le SRAS-CoV-2 entre leurs deux scans, avec 141 jours en moyenne séparant leur diagnostic et le deuxième scan, et 384 contrôles. La disponibilité des données d'imagerie pré-infection réduit la probabilité que des facteurs de risque préexistants soient interprétés à tort comme des effets de la maladie. Nous avons identifié des effets longitudinaux significatifs lors de la comparaison des deux groupes, notamment : (i) une plus grande réduction de l'épaisseur de la substance grise et du contraste tissulaire dans le cortex orbitofrontal et le gyrus parahippocampique, (ii) des changements plus importants dans les marqueurs de lésions tissulaires dans les régions fonctionnellement connectées au cortex olfactif primaire, et (iii) une plus grande réduction de la taille globale du cerveau. Les participants infectés ont également montré en moyenne un déclin cognitif plus important entre les deux moments. Fait important, ces effets longitudinaux d'imagerie et cognitifs étaient toujours observés après l'exclusion des 15 cas qui avaient été hospitalisés. Ces résultats d'imagerie cérébrale principalement limbiques peuvent être les marqueurs in vivo d'une propagation dégénérative de la maladie par les voies olfactives, d'événements neuro-inflammatoires ou de la perte d'input sensoriel due à l'anosmie. La question de savoir si cet impact délétère peut être partiellement inversé ou si ces effets persisteront à long terme reste à étudier avec un suivi supplémentaire.

 
[1] 20 Minutes avec AFP

Publié le 07/03/22 à 19h52 — Mis à jour le 07/03/22 à 19h57.

https://www.20minutes.fr/monde/3248123-20220307-covid-19-effets-virus-cerveau-confirment

[2] Douaud, G., Lee, S., Alfaro-Almagro, F. et al. SARS-CoV-2 is associated with changes in brain structure in UK Biobank. Nature (2022). https://doi.org/10.1038/s41586-022-04569-5.

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