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Traitements de l’épilepsie basés sur la supplémentation en cofacteurs : Épilepsies vitamino-sensibles.[1]

 

Résumé

Dans la plupart des maladies héréditaires du métabolisme intermédiaire, le tableau clinique associe un trouble du développement (un retard/régression du développement, un retard mental), une détérioration neurologique, des crises convulsives ou des mouvements anormaux. Cependant, les convulsions peuvent être inaugurales, en particulier en période néonatale, et dominer le tableau dans certaines affections accessibles à un traitement spécifique, comme celles qui sont vitamino-sensibles, où l'épilepsie répond à des traitements spécifiques basés sur la supplémentation en cofacteurs. Elles nécessitent une prise en charge adaptée et rapide, afin d’améliorer le pronostic. Les mieux caractérisées sont les convulsions pyridoxino-dépendantes, les convulsions pyridoxal-phosphate dépendantes, les convulsions sensibles à l’acide folinique et le déficit en biotinidase. La caractérisation biochimique et génétique de ces maladies est actuellement possible.

Le traitement par les vitamines B6, biotine, pyridoxal-phosphate ou acide folinique devrait être tenté, notamment grâce à la caractérisation biochimique et génétique de ces maladies,  avant d’avoir recours au traitement pharmacologique de l’épilepsie et doit cependant être institué sans attendre.

Épilepsie : les compléments alimentaires qui peuvent aider.[2]

Attention : toujours demander conseil à son médecin (médecin nutritionniste de préférence) avant de prendre des compléments alimentaires, surtout si vous prenez des médicaments.

Les oméga-3

Des chercheurs de l’université de Californie ont observé des effets bénéfiques d’une supplémentation en oméga-3 chez les patients épileptiques. Cette étude montre qu’une faible dose d’oméga-3 pourrait diminuer la fréquence des crises, et parfois chez certains patients leur disparition.

D’après un des chercheurs : « Si notre étude requière une confirmation par d'autres travaux, l'ampleur de l'effet de faibles doses d'oméga-3 sur la fréquence des crises épileptiques est la même que les traitements médicauxux. »

On trouve naturellement des oméga-3 dans l’huile de lin, de noix, de colza, les graines de lin et les noix, ainsi que dans les poissons gras comme le hareng, les anchois, le saumon et les sardines.

La vitamine D

Des études ont montré que la normalisation du déficit en vitamine D aurait des effets bénéfiques sur la fréquence des crises (Souvent les patients épileptiques sous traitement manquent de certains minéraux et vitamines). La vitamine D aurait un effet anticonvulsivant.

Il est conseillé de viser un taux sanguin de vitamine D compris entre 30 à 45 ng/mL. Pour cela, il est conseillé d’avoir un apport journalier de 25 µg. D’octobre à mars, sous nos latitudes, les compléments (vitamine D3) sont souvent nécessaires.

Les meilleures sources alimentaires sont : l’huile de foie de morue, l’espadon, le saumon, le thon, la truite et le hareng. On peut également en trouver dans les sardines, les champignons séchés, les œufs, les abats, le beurre et le lait.

Le magnésium

Avant l’apparition des antiépileptiques, le magnésium était utilisé comme traitement d’urgence en cas de crise. Désormais des médicaments sont disponibles, mais le magnésium est encore utilisé pour prévenir et traiter les crises.

Pour une meilleure fixation, il est préférable d’utiliser un magnésium couplé aux vitamines du groupe B, plus précisément la B6, ou encore la taurine. 

La vitamine E

D’après des études[3] la vitamine E aiderait l’organisme à contrôler l'épilepsie (Les médicaments antiépileptiques font souvent baisser le taux de vitamine E dans le corps).

Il est donc préférable de ne pas manquer de vitamine E (et si on prend des médicaments, de veiller à augmenter ses apports, sous la supervision du médecin).

La vitamine E est « liposoluble », on la retrouve dans des aliments gras tels que les olives, l’avocat, les amandes et les noisettes (et leurs huiles) et les poissons gras.

Sous la forme de compléments, mieux vaut s'orienter vers des formes naturelles (tocophérols et tocotriénols).

Le resvératrol

Des études ont montré que le resvératrol, un stilbène aurait une activité anticonvulsivante ainsi qu’un pouvoir anti-inflammatoire puissant permettant d’éviter la dégénérescence du tissu nerveux.

Le resvératrol inhiberait partiellement les décharges dans une région précise de l’hippocampe ce qui engendre un effet antiépileptique.

On trouve du resvératrol dans les raisins et leurs dérivés, la fève de cacao, les baies rouges et les arachides.

Le 5-HTP

Le 5-HTP ou 5-hydroxytryptophane est un précurseur de la sérotonine, un messager chimique du cerveau impliqué notamment dans la régulation de l'humeur. On sait que dans l’épilepsie, un niveau faible de sérotonine est un facteur déclencheur de crise.
Un complément de 5-HTP pourrait augmenter le taux de sérotonine dans l’organisme et donc aider à diminuer les crises.

Le 5-HTP est présent également dans les viandes, volailles, poissons, produits laitiers, légumineuses et noix.

La glucosamine

La glucosamine est une substance produite par l'organisme à partir du glucose et de la glutamine, un acide aminé. La glucosamine est connue pour jouer un rôle important dans le maintien de l'intégrité du cartilage des articulations ; elle est utilisée en complément contre l'arthrose.

Une étude[4] parue dans le Journal of Neuroscience en octobre 2017 a évalué un complément qui pourrait réduire l’excitabilité neuronale et donc aider à atténuer les crises d'épilepsie.

Une équipe de chercheurs de l’université d’Alabama ont testé la bêta-N-glucosamine in vitro puis chez l'animal. Elle a observé que la glucosamine entraîne une augmentation rapide des niveaux de O-GlcNAcylation. Les modifications biochimiques ainsi induites dans le cerveau atténuent l’hyperexcitabilité neuronale. Selon les chercheurs, ces résultats ouvrent la voie d'une nouvelle cible thérapeutique pour le traitement de l’épilepsie, mais doivent encore être approfondis.

 


[1] B. Tabarkia, F. Thabet et al. Vitamin-responsive epilepsies: An update. Archives de Pédiatrie, Volume 20, Issue 11, novembre 2013, pages 1236-1241.

https://doi.org/10.1016/j.arcped.2013.08.008

[3] Mehvari J, Motlagh FG, Najafi M, Ghazvini MR, Naeini AA, Zare M. Effects of Vitamin E on seizure frequency, electroencephalogram findings, and oxidative stress status of refractory epileptic patients. Adv Biomed Res. 2016 Mar 16;5:36. doi: 10.4103/2277-9175.178780. PMID: 27099849; PMCID: PMC4815530.

[4] Luke T. Stewart, Anas U. Khan, Kai Wang, Diana Pizarro, Sandipan Pati, Susan C. Buckingham, Michelle L. Olsen, John C. Chatham and Lori L. McMahon. Acute Increases in Protein O-GlcNAcylation Dampen Epileptiform Activity in Hippocampus. Journal of Neuroscience 23 August 2017, 37 (34) 8207-8215; DOI: https://doi.org/10.1523/JNEUROSCI.0173-16.2017