Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Covid- 19 : Pourquoi l’immunité collective par la vaccination générale pourrait ne jamais être atteinte[1]

 

Alain Fischer, le « Monsieur Vaccin » du gouvernement, a émis des doutes dimanche sur la possibilité d’atteindre un jour l’immunité collective. Selon lui, « c'est devenu un challenge très ambitieux » en raison du variant Delta. Explications.

La perspective d'atteindre un jour l'immunité collective face au Covid-19 semble s'éloigner. Début août, Alain Fischer, le président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, évoquait la possibilité d'y parvenir d'ici au début de l'automne. Quinze jours plus tard, le discours du "Monsieur Vaccin" du gouvernement a changé. « Si l'immunité de groupe peut être atteinte ou non, je ne sais pas. C'est devenu un challenge très ambitieux que je ne trancherai pas », a-t-il admis dimanche dans les colonnes du Journal du dimanche.

Pour rappel, l'immunité collective est un seuil au-dessus duquel la population immunisée est assez importante pour protéger les personnes qui n'y sont pas, permettant l'extinction de l'épidémie. Cette immunité de groupe s’obtient de deux manières : soit par l'infection naturelle, soit par la vaccination.

Dans le détail, le taux de personnes devant être vaccinées pour atteindre l'immunité collective dépend du nombre de reproduction de base de la maladie (R0), autrement dit du nombre de personnes qui peuvent potentiellement être contaminées par un individu infecté.

Plus le R0 est élevé, « plus le pourcentage de sujets immunisés doit être élevé », indique l'Institut Pasteur. Par exemple, la grippe saisonnière a un R0 estimé à 2. Il faut donc que 50% de la population soit protégée contre ce virus pour arriver à une immunité de groupe.

Le variant Delta trop contagieux

Avec la souche historique du Covid-19, les scientifiques considéraient que le R0 moyen était à 2,5. Avec un tel taux de reproduction, l'immunité collective devait en théorie être atteinte une fois que 60% de la population serait vaccinée. Or, l'apparition de variants plus contagieux a tout changé.

Rien qu'avec le variant Alpha, il faudrait en principe que 70 à 80% de la population soit piquée. Et c'est encore pire avec le variant Delta, qui balaye de nombreux pays du globe. Avec un R0 "probablement entre 5 et 8", selon Enrique Casalino, infectiologue et chef des urgences de l'hôpital Bichat à Paris, le mutant indien nécessite en effet une protection vaccinale d'au moins 90% de la population. « La vision que l'on peut avoir de l'immunité de groupe aujourd'hui n'est malheureusement pas celle d'il y a dix-huit ou même six mois », a reconnu Alain Fischer dimanche dans le JDD.

Une semaine plus tôt, Thórólfur Gudnason, l'épidémiologiste en chef islandais, a considéré que l'obtention de l'immunité collective par la vaccination était « hors d'atteinte ». Andrew Pollard, l'infectiologue à la tête du Oxford Vaccine Group, a quant à lui parlé d'un « mythe », le Covid-19 pouvant toujours infecter les personnes vaccinées.

Extrait de l’article du Journal du dimanche[2] :

C'est une petite bombe qu'a ­lâchée dimanche dernier l'épidémiologiste en chef islandais, Thórólfur Gudnason. « Obtenir l'immunité collective par la vaccination générale est hors d'atteinte », a-t-il déclaré alors que son pays – où 71% de la population est vaccinée contre le Covid-19 – connaît une flambée d'infections au variant Delta. Mardi, c'était au tour d'Andrew Pollard, l'infectiologue à la tête du groupe vaccin de l'université ­d'Oxford (Royaume-Uni), de ­décréter que l'immunité de groupe était désormais un « mythe ». Coups durs pour cette notion agitée comme l'étendard d'un effort vaccinal commun.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :