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La vitamine D efficace dans les maladies inflammatoires de l'intestin[1]

 

Un complément alimentaire de vitamine D permettrait d'améliorer le traitement des maladies inflammatoires de l'intestin.

Les multiples bénéfices de la vitamine D, notamment sur le fonctionnement du système immunitaire et dans les maladies inflammatoires ont poussé les chercheurs à donner de la vitamine D aux personnes atteintes de la maladie de Crohn ou de la rectocolite hémorragique.

Une récente analyse de la littérature médicale orchestrée par des chercheurs de Liverpool en Angleterre a synthétisé l’ensemble des résultats obtenus : 4 études de bonne qualité ont été retenues par les chercheurs. Les résultats sont clairs et les chercheurs déclarent que la vitamine D peut être efficace dans le traitement des maladies inflammatoires intestinales, en conjonction avec les traitements classiques. Ils soulignent néanmoins que des études de plus grande envergure sont encore nécessaires pour pouvoir tirer des conclusions définitives.

Dans une étude publiée en 2010, des chercheurs canadiens dirigés par le Dr John White avaient montré que la vitamine D intervient dans les processus qui peuvent conduire à la maladie de Crohn. « C’est un défaut dans la manière dont l’immunité innée gère les bactéries intestinales qui entraîne une réponse inflammatoire, laquelle peut conduire à une auto-immunité. » Dans les maladies auto-immunes comme Crohn, le système immunitaire s’en prend à ses propres tissus.

Le Dr White et son équipe ont montré que la vitamine D agit directement sur le gène bêta-défensine 2, qui code pour un agent antimicrobien, et sur le gène NOD2 qui alerte les cellules sur la présence de microbes. Ces deux gènes ont été liés à la maladie de Crohn. Par exemple si le gène NOD2 est déficient, l’organisme ne peut pas combattre les microbes qui se trouvent dans le tube digestif. Il est donc important pour les médecins de s’assurer que leurs patients ne manquent pas de vitamine D, en les encourageant à prendre le soleil aux beaux jours (avec prudence bien sûr) et en leur prescrivant le cas échéant des suppléments le reste de l'année. Attention, d’autres travaux ont montré que les patients ayant des maladies inflammatoires de l’intestin absorbent moins bien la vitamine D, y compris celle des suppléments, il faut donc surveiller l'évolution des taux plasmatiques chez ces patients.

L'institut de veille sanitaire a récemment révélé que plus de 80% des Français étaient touchés par le déficit en vitamine D dont les vertus semblent toucher un grand nombre de maladies.[2]

De la vitamine D pour lutter contre la maladie de Crohn[3]

Une nouvelle étude révèle que la vitamine D, facilement disponible sous la forme de suppléments ou dans l’huile de foie de morue, pourrait permettre de lutter contre les effets de la maladie de Crohn. John White, endocrinologue à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, est à la tête d’une équipe de scientifiques de l’Université McGill et de l’Université de Montréal qui présente ses derniers résultats concernant la maladie inflammatoire de l’intestin dans le Journal of Biological Chemistry.

« Pour la première fois, nos données laissent entrevoir le fait qu’une carence en vitamine D pourrait contribuer à la maladie de Crohn », livre le Dr White, professeur au département de physiologie de l’Université McGill en soulignant que les personnes vivant dans l’hémisphère Nord - une région du monde qui reçoit moins de soleil qui est nécessaire à la fabrication de la vitamine D par le corps humain - sont particulièrement vulnérables à la maladie de Crohn.

La vitamine D, sous sa forme active (1,25-dihydroxyvitamine D), est une hormone qui se lie aux récepteurs des cellules du corps. L’intérêt particulier que porte le Dr White à la vitamine D concerne les effets qu’elle pourrait avoir dans la lutte contre le cancer. Puisque ses résultats de recherche mettaient constamment en évidence les effets de la vitamine D sur le système immunitaire, et plus particulièrement sur le système immunitaire inné qui est la première barrière de défense contre les microbes envahisseurs; il s’est donc intéressé à la maladie de Crohn.

« C’est une dysfonction du système immunitaire inné, au niveau de l’attaque des bactéries intestinales, qui engendre une réponse inflammatoire pouvant conduire à une maladie auto-immune », insiste-t-il.

L’effet de la vitamine D

L’équipe du Dr White a constaté que la vitamine D intervenait directement sur le gène bêta-défensine 2, lequel code un peptide antimicrobien, et sur le gène NOD2 qui informe les cellules de la présence de microbes envahisseurs. Les deux gènes ont été associés à la maladie de Crohn. Si le gène NOD2 est déficient ou altéré, il ne peut lutter contre l’envahisseur dans le tractus intestinal.

Le Dr White souligne que l’aspect le plus encourageant de cette découverte en matière de génétique tient à la rapidité avec laquelle elle peut être mise à l’épreuve. « Les enfants de patients souffrant de la maladie de Crohn qui n’ont pas encore développé cette maladie seraient bien avisés de s’assurer de ne pas souffrir de carence en vitamine D. Pour pallier ce problème, rien de plus simple que d’aller à la pharmacie et d’acheter des suppléments de vitamine D. La majorité de ces personnes pourrait éventuellement être candidate pour un traitement à base de vitamine D. »

« Cette découverte est intéressante, car elle montre qu’un supplément disponible en vente libre comme la vitamine D pourrait aider les personnes à se défendre contre la maladie de Crohn », s’enthousiasme Marc J. Servant, professeur à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal et collaborateur de l’étude. « Nous avons trouvé une nouvelle voie de traitement pour les personnes souffrant de la maladie de Crohn ou d’une autre maladie inflammatoire intestinale. »

 
 

[1] Par Collectif LaNutrition.fr - Journalistes scientifiques et diététiciennes Publié le 11/06/2012 Mis à jour le 10/03/2017.

[2] Référence : Nicholson I, Dalzell AM, El-Matary W. Vitamin D as a therapy for colitis: a systematic review. J Crohns Colitis. 2012 May;6(4):405-11.

[3] Tian-Tian Wang, Basel Dabbas, Ari J. Bitton, Hafid Soualhine, Luz E. Tavera-Mendoza, Serge Dionne, Alain Bitton, Ernest G. Seidman, Marcel A. Behr et John H. White de l’Université McGill et du Centre universitaire de santé McGill en collaboration avec Marc J. Servant, David Laperriere, Sylvie Mader de l’Université de Montréal. Direct and indirect induction by 1,25-dihydroxyvitamin D3 of theNOD2/CARD15-beta defensin 2 innate immune pathway defective in Crohn's disease. Journal of Biological Chemistry, 285, 2227-2231.

SOURCE : Université McGill.

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