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Endométriose et thérapies naturelles[1]
Soulager l’endométriose autrement

Les médecins et chercheurs s’accordent aujourd’hui sur le fait que la chirurgie ne doit plus être le traitement de référence de l’endométriose comme cela a été trop fait dans le passé. C’est déjà une bonne chose.

Les solutions allopathiques ne constituent pas la panacée. La recherche[2] a pu mettre en évidence différents facteurs impliqués dans le développement et/ou la progression de la maladie qui sont autant de cibles d’action, qui vont permettre d’apaiser, de soulager les douleurs et de remettre à l’équilibre un terrain souvent carencé et déséquilibré, en dysbiose.

L’inflammation et le stress oxydatif

Différents travaux pointent le rôle prépondérant de l’inflammation dans la progression de la maladie et celui du stress oxydatif dans son développement et sa progression. En particulier, il a été mis en évidence un niveau bas de l’activité de deux enzymes du système endogène de défense antioxydant : la glutathion peroxydase et la superoxyde dismutase SOD dans les formes graves de la maladie. Des expériences in vitro montrent qu’en inhibant ce stress antioxydant, on bloque la prolifération des cellules endométriales.

Dans des modèles murins, un traitement par la N-acétylcystéine[3], un antioxydant, a permis de réduire les lésions endométriosiques.

Par ailleurs, les chercheurs ont trouvé, parmi les cascades de gènes dérégulées dans la lésion d’endométriose, de nombreux gènes liés au métabolisme du glutathion. Cet antioxydant synthétisé dans l’organisme joue un rôle clé dans la détoxification du peroxyde d’hydrogène, molécule majeure du stress oxydatif.

Pour rappel, ces systèmes de défense antioxydants, mis en place par les mitochondries – les petites usines énergétiques de nos cellules - ont un besoin impératif d’éléments tels que le cuivre, le manganèse ou encore le sélénium, notamment, pour bien fonctionner. Cela induit de ne manquer d’aucun de ces nutriments essentiels à nos mitochondries. Tout déficit ou carence est de nature à perturber, voire inactiver ces systèmes anti-incendie et entraîner ainsi de nombreuses maladies dégénératives. Et cela vaut pour tous.

Plusieurs études ont montré que des femmes souffrant d’endométriose ont des concentrations significativement plus faibles d’antioxydants et qu’une alimentation contenant des antioxydants, les vitamines C et E, du sélénium et du zinc diminuaient l’intensité de la maladie.

Il convient donc pour les femmes souffrant d’endométriose, comme pour chacune et chacun d’entre d’ailleurs, de vérifier si on ne souffre d’aucune carence. Le cas échéant, il faudra combler les différents manques par un apport alimentaire, et si ce dernier n’est pas suffisant, vous devrez vous supplémenter.

Les nutriments essentiels au bon fonctionnement de nos mitochondries le sont tout autant pour la bonne marche de notre thyroïde. Or, le déséquilibre des hormones féminines perturbe le fonctionnement de la thyroïde. L’hypothyroïdie serait 7 fois plus fréquente chez les femmes présentant une endométriose, que chez les autres. C’est pourquoi, il est essentiel de vérifier le fonctionnement de la thyroïde ainsi que les nutriments nécessaires à son bon fonctionnement : Analyser la T3, T4 et TSH. Ensuite, vous devez veiller à consommer suffisamment d'iode, de sélénium, de zinc, de fer, de magnésium, de vitamines B (les nutriments essentiels de nos mitochondries !) La vitamine B6, quant à elle, joue un rôle crucial dans la régulation hormonale ainsi que la vitamine D, notamment la D3

J’ai abordé avec vous ici le problème de l’inflammation et les moyens de lutter contre. L’alimentation y tient une place fondamentale avec une part belle donnée aux acides gras oméga-3. Dans le cadre de l’endométriose, ces derniers ont retenu l’attention des chercheurs en raison de leurs propriétés anti-inflammatoires. Les douleurs et les problèmes d’infertilité sont au moins en partie liés à une augmentation des prostaglandines PGF2 alpha[4]. Or, les acides gras oméga-3 jouent un rôle dans la régulation des prostaglandines et des cytokines. La consommation d’acides gras oméga-3 a pour effet de réduire leur production locale, ainsi que la taille des lésions endométriosiques.

Une vaste étude prospective de cohorte a, par ailleurs, permis de conclure qu’une augmentation de la consommation d’acides gras oméga-3 pouvait réduire le risque d’endométriose.

Bien entendu, je ne peux que vous déconseiller la prise de pilules contraceptives qui ne font que mettre de l'huile sur le feu!

Une alimentation anti-inflammatoire et anti-œstrogènes

L’endométriose est une maladie œstrogéno-dépendante. En d’autres mots, elle est stimulée par les œstrogènes, dont on sait qu’ils sont des facteurs de multiplication cellulaire. Pour freiner cette hyperœstrogénie, l’alimentation des femmes souffrant d’endométriose devra être non-œstrogénique et protectrice vis-à-vis des perturbateurs endocriniens.

Je vous conseille d’éviter les produits laitiers de vache, à part le beurre Bernard Gaborit, ainsi que les produits à base de soja.

La phytothérapie peut vous rendre de grands services. Il existe différentes plantes à forte activité anti-œstrogènes, anti-gonadotropes et progestérone-like. Le gattilier (Vitex agnus-castus) est la plante-clé dans cette maladie : son activité progestative et anti-œstrogène est démontrée et puissante. C’est pourquoi elle ne doit être utilisée que sur prescription médicale. Le brocoli et l’artichaut ou encore le chardon-Marie sont également intéressants pour freiner le climat d’hyperœstrogénie. La passiflore (Passiflora incarnata) peut être associée au gattilier en raison de ses propriétés anti-inflammatoires, anti-spasmodiques et hormonales : anti-aromatase.

Il a en effet été observé chez les femmes souffrant d’endométriose une surexpression de l’aromatase. Cette enzyme intervient dans la conversion de l’androstènedione et de la testostérone en œstrogènes, dans l’endomètre. Cette surexpression semble jouer un rôle crucial dans le développement de la maladie, ainsi que sa progression. Elle renforce, en effet, le climat d’hyperœstrogénie.

Un certain nombre de substances naturelles ont des propriétés inhibitrices de l’aromatase, essentiellement des flavonoïdes, la chrysine, que l’on trouve dans la passiflore et la propolis. Le resvératrol, un polyphénol isolé notamment de la peau du raisin rouge, inhibe également l’activité de l’aromatase. Le resvératrol a en outre des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Les chercheurs s’intéressent de près au resvératol en raison de sa capacité à « allumer » ou « éteindre » certains gènes, en un mot à agir sur l’expression des gènes[5].

Le gingembre, le curcuma et la cannelle possèdent également des propriétés intéressantes, notamment antioxydantes et anti-inflammatoires. Le gingembre agit, par exemple, sur la synthèse des prostaglandines.

Tout comme les traitements allopathiques, toutes ces stratégies naturelles : nutrition, micronutrition, phytothérapie, homéopathie, aromathérapie, ou encore ostéopathie, associées à une activité physique régulière, un peu de yoga et/ou de méditation, et un bon soutien psychologique, visent à calmer l’inflammation, réduire les phénomènes douloureux, diminuer la fréquence et l’abondance des saignements anormaux et des règles, à freiner l’ovulation tout en traitant le terrain et le psychisme. Mais sans les effets secondaires des traitements allopathiques et avec des résultats avérés.

Cette approche holistique et intégrative ne prétend pas guérir ce syndrome aussi complexe qu’est l’endométriose, mais elle a un impact bénéfique évident sur la qualité de vie, et tout ce qui en découle.

En attendant de pouvoir prévenir cette maladie, faites au mieux pour avoir un terrain sain afin d’être la mieux armée possible face à une société qui génère de plus en plus de toxiques et de perturbateurs endocriniens.

Les associations :

ENDOmind : https://www.endomind.org/

EndoFrance : https://www.endofrance.org/

 

[1] Marion KAPLAN, avec la collaboration de la journaliste Myriam Marino.

https://www.vitaliseurdemarion.fr/fr/officiel/article/slug/endometriose-et-therapies-naturelles

[2]  La recherche a contenu une explosion des études sur le sujet ces cinq dernières années et la publication d’environ 1 200 articles chaque année.

Lire aussi à ce propos : Fertilité, endométriose : l’Inserm fait le point sur les recherches, Inserm, 30.04.2019.

[3] La N-acétylecystéine (NAC) est un dérivé synthétique de la cystéine. Une fois dans l’organisme, elle est rapidement transformée en cystéine. La cystéine participe à de nombreuses fonctions métaboliques : synthèse des acides gras, formation de la peau, des ongles et des cheveux, production d’hormones, etc. Elle est notamment nécessaire à la synthèse du glutathion, un important antioxydant, et à son maintien en quantité adéquate à l’intérieur des cellules.

La cystéine est un acide aminé, que l’organisme fabrique à partir de la méthionine, un autre acide aminé. Elle est aussi présente dans beaucoup d’aliments : ail, oignon, brocoli, chou de Bruxelles, levure de bière, graines, œuf, poisson, viande, etc.

La cystéine figure parmi les nutriments requis pour le cycle TCA des mitochondries, aux côtés de : thiamine (B1), riboflavine (B2), niacine (B3), acide pantothénique (B5), fer, soufre, magnésium, manganèse et acide alpha-lipoïque.

[4] L’hypersécrétion de prostaglandines par l’endomètre serait un des principaux facteurs à l’origine des douleurs qui surviennent au moment des règles. Leur synthèse est augmentée par l’œstradiol et diminuée par la progestérone. On observe un taux généralement élevé de prostaglandines chez les femmes souffrant d’algoménorrhée qui se traduit par une surexpression de l’enzyme cyclo-oxygénase 2 (COX-2). Les prostaglandines provoquent de fortes contractions utérines et augmentent la sensibilité nerveuse périphérique.

[5] Les mitochondries au cœur de la médecine du futur, Dr Lee Know, Dangles, 2019.

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