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Vitamines C et B3, et psychiatrie[1]

 

 

La schizophrénie est un syndrome. Plusieurs causes peuvent provoquer des hallucinations. Parmi ces causes je voudrais insister sur les intolérances alimentaires. En 1970, Abram Hoffer, psychiatre orthomoléculaire, traitait ses patients schizophrènes avec de la vitamine C et de la vitamine B3 à forte dose, et la pratique du jeune. Selon le Dr Hoffer, 60 % des 200 patients schizophrènes traités étaient allergiques à un aliment spécifique (gluten, caséine etc..). D’après le Dr Hoffer « l’allergie cérébrale joue un rôle majeur en temps qu’étiologie dans le syndrome schizophrénique »[2]. Ces travaux ont été confirmés cette année. Des chercheurs ont montré que certains patients schizophrènes souffraient d'inflammation gastro-intestinale et d'une activation du système immunitaire. Des molécules neurotrophiques comme les exorphines du lait et du gluten ou à une activation du système immunitaire par des antigènes alimentaires (ou une infection intestinale chronique) peuvent entraîner des troubles du système nerveux centrale comme des hallucinations[3]. La vitamine C est un immuno-modulateur (action glucocorticoïde-like) et antiallergique puissant à fortes doses. D'où son intérêt en clinique. La théorie du Outside-In semble prévaloir aujourd'hui dans la genèse des allergies, qu'elles soient cutanées ou intestinales, toute substance qui renforce la fonction barrière est indiquée. La vitamine C diminue la perméabilité intestinale[4].

Les hallucinations sont un des symptômes du scorbut avancé, une étude publiée en 2011 rapporte un cas de scorbut chez un patient schizophrène[5]. Une étude publiée en 1990 montrait que le taux de vitamine C plasmatique était significativement plus faible chez les patients schizophrène, les auteurs incitent à une augmentation des apports en vitamine C chez ces patients[6].Une étude réalisée chez 37 patients schizophrènes conclut à un intérêt substantiel de l'utilisation de la vitamine C[7]. Une étude réalisée chez 50 patients schizophrènes indique que la vitamine C corrige le stress oxydatif présent chez ces patients (diminution du MDA), améliore le score BPRS (Brief Psychiatric rating scale) et corrige le taux plasmatique bas présent chez ces patients[8].

La vitamine B3 (niacine) augmente la synthèse de filagrine, elle renforce la fonction barrière. Les patients atteints de pellagre avancée peuvent souffrir d'hallucinations. Le traitement de la pellagre par de la vitamine B3 fait disparaître les hallucinations[9].

Le jeûne thérapeutique est efficace dans le traitement de la schizophrénie, on comprend pourquoi après avoir pris connaissance de l'étude publiée cette année. Le jeûne permet une éviction d'un allergène alimentaire potentiel et une cicatrisation de la barrière intestinale.

De nombreuses maladies psychiatriques : psychose maniaco-dépressive (PMD), troubles anxio-dépressifs, autisme, pourraient être liés à des intolérances alimentaires et des fonctions barrières déficientes (opinion personnelle partagée par l'International Schizophrenia fundation ISF)[10]. D'après mon expérience clinique devant toute pathologie mentale (hors causes évidentes) un renforcement de la fonction barrière (vitamine C, Vitamine B3, Zinc, vit D…), un bilan biologique de dépistage des carences micro-nutritionnelles, associée à une éviction des allergènes alimentaires (un bilan de recherche des intolérances alimentaires permet d'être précis, un régime sans gluten et sans caséine ou la pratique du jeûne thérapeutique avec réintroduction progressive des aliments et éviction temporaire des aliments déclenchant les symptômes) apportent d'excellent résultats.

Que cette prise en charge soit tentée au moins pendant 6 mois chez ces patients ne me paraît pas illogique, or ce n'est pas le cas chez la grande majorité des patients suivis pendant plusieurs années, voire dizaines d'années en psychiatrie, avec les effets secondaires des neuroleptiques que l'on connaît.

 

[1] Docteur Julien DROUIN, Vitamine C : modèle d’altruisme moléculaire, nouvel espoir thérapeutique aujourd’hui. Diplôme Universitaire Alimentation Santé Micronutrition, Année 2011/2012 Université de Bourgogne.

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Julien Drouin a étudié les travaux des Médecins Américains qui utilisaient la vitamine C à forte dose dans le traitemnt de la schizophrénie.

[2] Hoffer A, Pellagra and schizophrenia, Psychosomatics vol 11, Issue 5, september-october 1970, pages 522-525.

[3] Severance EG, Alaedini A, Yang S, Halling M, Gressitt KL, Stallings CR, Origoni AE, Vaughan C, Khushalani S, Leweke FM, Dickerson FB, Yolken RH, Gastrointestinal inflammation and associated immune activation in schizophrenia, Schizophr Res. 2012 Jun;138(1):48-53. Epub 2012 Mar 24.

[4] May JM, Chelation of intracellular iron endothelial barrier function : a role for vitamin C ? Arch Biochem Biophys. 2010 Aug 15;500 (2):162-8.

[5] Dubé, Scurvy in a man with schizophrenia, CMAJ. 2011 Aug 9;183(11):E760.

[6] Suboticanec et coll., Vitamin C status in chronic schizophrenia, Biol Psychiatriy, 1990 Dec 1; 28 (11):959-66.

[7] Sandyk R, Kanofsky JD, Vitamin C in the treatment of schizophrenia, Int J neurosci. 1993 Jan;68 (1-2):67-71.

[8] Dakhale and coll., Supplementation with vitamin C with atypical antipsychotics reduces oxidative stress and improves the outcome of schizophrenia, Psychopharmacology (Berl) 2005 Nov; 182 (4):494-8.

[9] Osmond, Hoffer, Massive niacin treatment of schizophrenia: review of a nine year study, The Lancet, volume 279, Issue 7224, Febr 1962, pages 316-320.

[10] Internationnal schizophrenia foundation

http://www.orthomed.org/isf/isfbrochure.html

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