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VIH (Sida)

L'acide ascorbique supprime la production virale de lymphocytes T infectés par le VIH.

Dans des cellules infectées de manière chronique l'AA diminue l'activité extracellulaire de la transcriptase inverse (RT) (de plus de 99%) et la concentration en antigène p24 (de plus de 90%) dans le milieu de culture (Fig. 27). Dans des cellules CD4+ récemment infectées l'ascorbate inhibe la formation de cellules géantes syncitiales (de prêt de 93%). Une exposition prolongée du virus (37°C, 4 jours) en présence d'ascorbate (100-150 micrograms/ml) fait chuter d'un facteur 3 à 14 l'activité de la RT, et diminue d'un facteur 25 à 172 le relargage RT extracellulaire de la RT par les cellules infectées chroniquement (Fig.28). Ces résultats indiquent que l'ascorbate à des doses élevées possède une activité anti VIH spécifique en diminuant la production de protéines virales dans les cellules infectées et en limitant l'activité de RT des virions extracellulaires[1].

Fig. 27 : Effets de l’acide ascorbique sur l’antigène p24 HIV[2].

Fig. 28 : Analyse de la stabilité et de la produciton de transcriptase inverse en présence ou absence d’ascorbate[3].

Haraken a démontré en 1994 que l'ascorbate supprimait la production de VIH dans des cultures de lymphocytes T HXB, et diminuait le relargage du rétrovirus dans le milieu de culture[4]. L'AZT, à qui on a attribué le blocage de novo de cellules infectées n'inhibait pas la production virale dans les cellules HXB. Dans des lymphocytes ACH-2 infectées de manière latente, et qui libèrent de faibles concentrations du virus, l'exposition au phorbol ester (PMA) multiplie par dix la production virale. Le pré-traitement des cellules ACH-2 par l'ascorbate, suivi d'une stimulation par du PMA, entraîne une baisse dose dépendante de l'activité extracellulaire en transcriptase inverse. Le traitement par AZT n'a pas supprimé l'activation du VIH dans les cellules ACH-2 stimulées par le PMA. Cette étude révèle non seulement l'activité anti VIH de la vitamine C, mais aussi sa supériorité par rapport à l'AZT.

GRIPPE

La grippe, une des infections les plus communes et les plus anciennes, pose de sérieux problèmes de santé publique chaque année avec une morbidité et une mortalité significative qui impose un coût économique substantiel. Le mélange de micronutriments (MM) associant vitamine C, extraits de thé vert, lysine, proline, N-acétylcystéine, et sélénium ajouté à des cellules VERO ou MDCK infectées par le virus Influenzae A inhibe de manière dose dépendante la production de nucléoprotéines virales. Cet effet antiviral est augmenté par le pré-traitement du virus avec le MM. L'acide ascorbique et les extraits de thé vert bloquent individuellement la production de nucléoprotéines virales par le virus, l'activité antivirale est multipliée en cas d'association de ces micronutriments. L'incubation de cellules non infectées avec le MM diminue de façon dose-dépendante l'activité des enzymes neuraminidases responsables de la propagation du virus dans les épithéliums. Ainsi le MM exerce une activité antivirale contre l'Influenzae A en diminuant la production de protéines virales dans les cellules infectées et en diminuant l'activité virale enzymatique au niveau des cellules non infectées[5].

VHC (Hépatite C)

Un composé de vitamine C : le 6 triazole et imidazole L-ascorbic acide inhibe la réplication du virus de l’hépatite C. D’après Wittine cet effet serait dû à l'effet de la vitamine C sur la cellule hôte plus qu’à une action directe sur le virus VHC[6].

Le peroxyde d’hydrogène H(2)O(2), à des concentrations non toxiques pour les cellules hôtes, suppriment la réplication du virus de l’hépatite C dans des cellules humaines d’hépatocyte Huh7. Le peroxyde d’hydrogène et l’interferon–gamma ont des effets comparables sur la réplication du VHC. Le peroxyde d’hydrogène provoque une augmentation graduelle de la concentration intracellulaire en calcium. La suppression de la réplication du virus à ARN VHC dépend de l’élévation intracellulaire en calcium[7]. Des perfusions de vitamine C à doses pharmacologiques permettent la détection de peroxyde d’hydrogène dans le milieu extracellulaire et donc potentiellement un effet thérapeutique anti VHC.

Dans une étude clinique de phase I évaluant l’effet d’un traitement d’antioxydants chez des patients atteints d’hépatite C chronique, Melhem a montré que le traitement était bien toléré et que celui-ci avait un effet positif sur les lésions nécro-inflammatoires.  50 patients ont été traité oralement tous les jours pendant 20 semaines avec 7 antioxydants (glycyrrhizine, schisandra, silymarine, acide L-ascorbique, acid lipoique, L-glutathion et alpha-tocopherol) associé à 4 différentes préparations intraveineuses (glycyrrhizine, acide L-ascorbique, L- glutathion, B-complex) deux fois par semaine pendant 30 semaines. 48 % des patients ont vu au moins un des paramètres testés (enzymes hépatiques, niveau d’ARN VHC, score à la biopsie hépatique) s’améliorer (24 patients). Une normalisation des enzymes hépatiques est survenue chez 44% des patients ayant des taux élevés avant le traitement (15 sur 34). Une diminution de la charge virale (un log ou plus) est survenue chez 25% des patients. Une amélioration des scores histologiques (2 points de réduction au score HAI) est apparue chez 36,1% des patients. Le questionnaire de qualité de vie SF-36 était amélioré chez 26 patients sur 45, soit 58 % des patients. Il n’y a eu aucun effet secondaire noté pendant l’étude[8].

HSV (Herpès)

Dans un modèle de murins, 2 mM d'ascorbate associé à 1 mM de cuivre inhibe totalement le virus HSV2. L'ascorbate ou le cuivre seul n'inhibent pas le virus. Comparé au groupe contrôle, 60 % des murins traitées n'ont montré aucun signe d'encéphalite et ont survécu à l'infection herpétique, tandis que 7 % des murins ont survécu dans le groupe contrôle (p = 0,056). Les auteurs concluent qu'in vitro le traitement d'HSV-2 par l'association ascorbate-cuivre (Cu2+) inactive le virus, et protège les murins contre l'encéphalite herpétique[9].

In vitro l’acide ascorbique inhibe la multiplication virale de trois différentes familles : herpes simplex type 1 (HSV1), influenza type A, poliovirus type 1. L’ajout de 1 mM de Fe3+, qui oxyde l’acide ascorbique en DHA, améliore fortement l’activité antivirale, via la production de peroxyde d’hydrogène. L’ajout d’acide L-ascorbique au réactif même 11 heures après l’infection inhibe complètement la formation de la progéniture virale dans les cellules infectées, indiquant que le réactif inhibe la multiplication de HSV-1 probablement au stade d’assemblement des particules virales de la progéniture après la réplication de l’ADN viral[10].

INFECTIONS BACTÉRIENNES

L’acide L-ascorbique stoppe la croissance et déclenche un phénotype « dormant » chez Mycobacterium tuberculosis in vitro. La vitamine C induit des stress cellulaires multiples ainsi qu’une large gamme d’effets régulateurs sur l’expression génique et physiologique de Mycobacterium tuberculosis. L’arrêt de la croissance et l’induction du phénotype « dormant » sont identiques aux effets des médicaments antituberculeux. Cette étude, publiée en 2010 par Taneja offre de nouvelles perspectives quant au rôle des facteurs nutritionnels dans la tuberculose et suggère un possible rôle de la vitamine C dans le traitement de la tuberculose[11].

L’acide ascorbique inhibe la croissance d'Helicobacter Pylori (ainsi que de Bacillus cereus et de B.subtilis) in vitro et in vivo. D’après Tabak la vitamine C fait partie du traitement préventif et curatif des ulcères gastro-duodénaux et du cancer de l'estomac[12]. In vitro la vitamine C diminue la résistance aux antibiotiques de souches résistantes de Staphylocoques dorés. La vitamine C diminue de 50 à 75% la concentration minimale inhibitrice de différents antibiotiques face aux souches résistantes de S.aureus. Lorsque les chercheurs associent de l’AA à des concentrations préalablement sub-inhibitrices de pénicilline et tétracycline, l’effet inhibiteur sur les souches résistantes est augmenté et la mort cellulaire survient chez 25 à 93% de la population initiale. L’AA provoque la perte de plusieurs plasmides chez les S.aureus résistants[13].

Amabile Cuevas a montré en 1998 que lorsque deux souches de S.aureus résistantes à la pénicilline (grâce aux plasmides) étaient traitées avec 1 mM de sodium ascorbate pendant 6 h, 12 à 35 % des colonies formées (CFU) perdaient irréversiblement leur habilité à produire des beta-lactamases. L’électrophorèse sur gel d’agarose montrait une disparition de la bande des plasmides. L’acide ascorbique est un composé non toxique, son intérêt dans le traitement des infections à bactéries multi résistantes est démontré dans cette étude[14].

In vivo la vitamine C associée à la vitamine E inhibe l’inflammation induite par les lipopolysaccharides (LPS). L’association des deux vitamines diminue la sécrétion de médiateurs inflammatoires comme l’oxyde nitrique (NO) (inhibition de l’oxyde nitrique synthétase), la protéine HMGB1 (high mobility group box 1 protein) ainsi que les lésions histologiques hépatiques. La vitamine C est un anti-inflammatoire naturel[15].

 

 

[1] Harakeh S., Jariwalla R.J., Pauling L., Suppression of human immunodeficiency virus replication by ascorbate in chronically and acutely infected cells, Proc Natl Acad Sci U S A. 1990 Sep;87(18):7245-9.

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Haraken et coll., Comparative analysis of ascorbate and AZT effects on HIV production in persistently infected cell lines, Journal of nutrition and environnemental medicine 1994, Vol. 4, No. 4 , Pages 393-401.

[5] Jariwalla, M.W. Roomi, B. Gangapurkar, T. Kalinovsky, A. Niedzwiecki and M. Rath, Suppression of influenza A virus nuclear antigen production and neuraminidase activity by a nutrient mixture containing ascorbic acid, green tea extract and amino acids, BioFactors 31 (2007) 1–15.

[6] Wittine K, Stipkovic Babic M, Makuc D, Plavec J, Kraljevic Pavelic S, Sedic M, Pavelic K, Leyssen P, Neyts J, Balzarini, J, Mintas M., Novel 1,2,4-triazole and imidazole derivatives of L-ascorbic and imino-ascorbic acid: synthesis, antiHCV and antitumor activity evaluations, Bioorg Med Chem, 2012 Jun 1;20(11):3675-85. Epub 2012 Feb 15.

[7] Choi J, Forman HJ, Ou JH, Lai MM, Seronello S, Nandipati A., Redox modulation of the hepatitis C virus replication complex is calcium dependent, Free radical Biol Med. 2006 Nov 1;41(9):1488-98. Epub 2006 Aug 12.

[8] Melhem A, Stern M, Shibolet O, Israeli E, Ackerman Z, Pappo O, Hemed N, Rowe M, Ohana H, Zabrecky G, Cohen R, Llan Y, Treatment of chronic hepatitis C virus infection via antioxidants: results of a phase I clinical trial, J Clin Gastroenterolol. 2005 Sep;39(8):737-42.

[9] Betanzos-Cabrera, Francisco J Ramirez, José L Muñoz, BLanca L Barrón, Rogelio Maldonado, Inactivation of HSV-2 by ascorbate–Cu(II) and its protecting evaluation in CF-1 mice against encephalitis, Journal of Virological Methods, Volume 120, Issue 2, 15 September 2004, Pages 161-165.

[10] Furuya A, Uozaki M, Yamashi H, Arakawa T, Arita M, Koyama AH, Antiviral effects of ascorbic and dehydroascrobic acids in vitro, Int J Mol Med, 2008 Oct;22(4):541-5.

[11] Taneja et coll., Mycobacterium tuberculosis transcriptional adaptation, growth arrest and dormancy phenotype development is triggered by vitamine C, PLoS One, 2010 May 27; 5(5):e10860.

[12] Tabak et Coll., Diverse effects of ascorbic acid and palmitoyl ascorbate on Helicobacter pylori survival and growth, FEMS Microbiology Letters Volume 224, Issue 2, 29 July 2003, Pages 247–253.

[13] Amabile-Cuevas CF, Pina-Zentella R, Wah-Laborde ME, Decreased resistance to antibiotics and plasmid loss in plasmid-carrying strains os staphylococcus treated with ascrobic acid, Muta Res 1991 Nov; 264(3):119-25.

[14] Amabile Cuevas CF, Loss of penicillinase plasmids of staphylococcus aureus after treatment with L-ascorbic acid, Muta Res. 1988 Mar-Apr;207 (3-4):107-9.

[15] Chihiro Shingu, Satoshi Hagiwara, Hideo Iwasaka, Shigekiyo Matsumoto, Hironori Koga, Isao Yokoi, Takayuki Noguchi, EPCK1, a Vitamine C and E Analogue, reduces Endotoxin-induced Systémic Inflammation in mice, Journal of Surgical Research Volume 171, Issue 2, December 2011, Pages 719–725.

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