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• BIODISPONIBILITÉ

La biodisponibilité de l’AA est de 90 % pour des doses inférieures à 200 mg, 73 % pour 500 mg et 49 % pour 1250 mg. Les études montrent peu de différence entre la biodisponibilité de la forme pure et celle contenue dans l’alimentation[1], à l’exception d’une étude qui montre que la biodisponibilité est augmentée de 35 % lorsque la vitamine C est contenue dans des extraits de citron[2]. Chez le sujet jeune en bonne santé la concentration plasmatique, en fonction des doses ingérées, adopte une cinétique de saturation d’allure sigmoïde (fig. 11)[3].

Fig. 11 : Relation entre la dose ingérée d’AA, la concentration plasmatique et la concentration intracellulaire chez le sujet jeune en bonne santé[4].

CONCENTRATION PLASMATIQUE

L’AA est présent dans la circulation sanguine à la concentration de 5 à 90 microM chez l’homme sain[5]. Le DHA est rarement détectable ou alors à des concentrations très faibles (<2% de l’AA)[6].

B/ DISTRIBUTION TISSULAIRE

L’accumulation de vitamine C varie en fonction des tissus. Les tissus avec la plus grande concentration en AA (pour 100 grammes de tissu) sont les glandes surrénales, l’hypophyse avec 30 à 50 mg/100 g suivis par le foie, la rate, la rétine, le pancréas, les reins, le cerveau avec entre 10 et 30 mg/100 g (Fig. 12)[7]. Le foie, par sa taille, constitue la plus grosse réserve de vitamine C de l’organisme.

Fig.12 : Concentration tissulaire en AA chez l'homme[8].

Chez l’homme il est difficile d’étudier la relation entre les apports alimentaires et la concentration tissulaire. Des prélèvements tissulaires sont difficiles à obtenir et les tissus se dégradent rapidement en l’absence de préparation spécifique. Comme le cochon d’Inde ne synthétise pas de vitamine C, il est utilisé comme modèle de distribution tissulaire. Dans une étude réalisée avec des doses graduées de vitamine C (de 0,2 à 10 mg/100 g de poids), l’augmentation de la saturation tissulaire dépend de l’apport ; c'est le cas dans le cœur, le cerveau, la rate, les leucocytes, et les glandes surrénales[9]. Lorsqu’on examine les études chez l’animal, on note une tendance similaire, plus les apports sont élevés plus la concentration tissulaire est élevée[10].

Une étude de la National Institute of Health a étudié la relation entre l’apport alimentaire en AA et la concentration intraleucocytaire[11]. Chez le sujet jeune en bonne santé la saturation intracellulaire intervient avec une prise 100 mg (fig. 11) pour atteindre une concentration (1-4 mM) 14 fois supérieure à celle du plasma, expliquant la relation sigmoïdienne entre la dose ingérée et la concentration plasmatique.

C/ EXCRÉTION RÉNALE

Dans toutes les espèces étudiées, l’AA est filtré par le glomérule et réabsorbé par le tubule proximal par un transport actif[12]. Chez l’homme la concentration maximale en vitamine C est régulée par la réabsorption rénale[13]. Le taux de réabsorption tubulaire maximum analysé chez l’homme et la femme, à différents âges, est relativement constant entre les groupes, proche de 1,5 mg/100 ml filtré[14]. Comme dans l’intestin, le transport de l’AA dans le rein dépend du Na+[15]. Le transport est saturable et partiellement inhibé par le glucose[16]. La réabsorption tubulaire dépend probablement également de la concentration tubulaire en AA.

Le seuil d'excrétion urinaire a été étudié par la National Institute of Health en 1996[17] ; les résultats montrent, chez le sujet jeune en bonne santé, l’AA est détecté dans les urines pour des apports oraux supérieurs ou égaux à 100 mg/j[18], correspondant à une concentration plasmatique moyenne de 55-60 microM. À ces doses, les lymphocytes, neutrophiles et monocytes sont saturés à 100%, et le plasma est saturé à 70 % environ. Le plasma est saturé à 100 % avec un apport de 1 000 mg de vitamine C par jour. Une dysfonction rénale peu potentiellement affecter profondément le métabolisme de la vitamine C, ainsi en cas de maladie rénale on observe une relation inverse entre la clairance de la créatinine et l’excrétion urinaire d’AA[19].

En résumé :

Le contrôle de la concentration intracellulaire et extracellulaire en ascorbate dépend de trois mécanismes : l’absorption intestinale, le transport tissulaire, et la réabsorption rénale. Chez le sujet jeune en bonne santé, premièrement l’absorption intestinale diminue pour des doses > 200 mg, ce qui correspond à une concentration plasmatique d’environ 60 microM. Deuxièmement, à cette concentration, le transporteur tissulaire SVCT2 approche la Vmax et les tissus semblent être saturés. Troisièmement, aux environs de 60 microM la réabsorption rénale est proche de la saturation, et l’excès d’ascorbate est excrété dans les urines. Ces 3 mécanismes fonctionnent de manière coordonnée, assurant un contrôle précis du métabolisme de la vitamine C chez le sujet sain.

OXYDO-RÉDUCTION

L’AA cède ses électrons aux enzymes et aux composés chimiques oxydés. L’acide ascorbique est oxydé de manière réversible en radical ascorbyl (ou acide semi-dehydroascorbate), oxydé ensuite en acide dehydroascorbique (DHA) (Fig.13). Les radicaux libres intermédiaires sont relativement non réactifs (Buettner, G.R.). Inversement, l’acide dehydroascorbique (DHA) peut être réduit en AA en passant par les métabolites intermédiaires identiques. Il peut aussi être hydrolysé de manière irréversible en acide diketogulonic. Celui-ci est ensuite métabolisé en oxalate, xylose, acide xylonique, et acide lynxonique[20]. L’acide dehydroascorbique (DHA) est instable en solution aqueuse avec une demi-vie à 37° C de 6 à 20 minutes en fonction de la concentration plasmatique[21].

Fig.13 : Acide ascorbique et produits d'oxydations[22].

Les études montrent que l’AA peut être régénéré au niveau des membranes cellulaires et/ou du cytoplasme, par des voies enzymatiques ou non enzymatiques.

• Réduction membranaire :

May a montré en 2001 qu’il existe un système de réduction membranaire de l’ascorbate, NADH-dépendant[23]. Ce système de réduction ne concerne pas le DHA mais le radical ascorbyl, premier stade d’oxydation de l’AA. Le radical ascorbyl est réduit par la semi-dehydroascorbate réductase, NADH-dépendante[24]. Intervenir à un stade précoce permet ainsi des économies d'énergies pour la cellule. Augmenter la concentration d’ascorbate au niveau membranaire, là où la cellule reçoit de nombreuses attaques radicalaires permet à l’AA de recycler “localement” la vitamine E et de prévenir la peroxydation lipidique efficacement.

• Réduction cytoplasmique :

De nombreux tissus peuvent réduire le DHA en AA[25]. Le DHA peut être réduit en ascorbate par le glutathion et l’acide lipoïque[26] et/ou par la thioredoxine reductase[27], et la glutaredoxine (glutathion dépendante)[28]. La glutaredoxine pourrait être responsable de 80 % de l’activité de réduction du DHA intracellulaire[29]. On retrouve la glutaredoxine dans le placenta humain, le foie de cochon, et le thymus de bovin[30]. D’autres protéines ont une activité DHA réductase, notamment dans le placenta humain : la disulfide isomérase[31]; la 3-a-hydroxysteroid dehydrogenase[32] et les cytochromes b5 reductases dans la mitochondrie[33].

 

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