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Les légumineuses sont « des aliments exceptionnels », mais « dans la pratique, les légumineuses ne constituent toujours qu’une partie de l’apport protéique, et il suffit de consommer en même temps des protéines « complémentaires », c’est-à-dire riches en acides aminés soufrés, pour avoir un apport globalement équilibré. Or il se trouve – la nature est bien faite – que c’est le cas des céréales et que les légumineuses sont largement pourvues en lysine, l’acide aminé limitant de la plupart des céréales (Les céréales étant particulièrement pauvres en lysine, l’assimilation de leurs protéines est limitée par leur teneur en cet acide aminé). D’où l’intérêt de l’universelle association céréales + légumineuses. Là où l'engrain ou petit épeautre se distingue, c'est qu'il contient à la fois de la lysine et de la méthionine.

Vu l’intérêt de l’universelle association céréales + légumineuses, et donc de l’association L-lysine + L-méthionine permettant une assimilation idéale de leurs protéines, on peut faire l’hypothèse que l’excès de méthionine provoquée par le trouble du métabolisme des folates peut être compensé par un apport adéquat de L-lysine grâce à la consommation d’engrain ou Petit épeautre.

La L-Lysine, appelée communément lysine, en particulier la lysine de la farine d’engrain, pourrait avoir des applications en génétique. Ce nutriment pourrait réparer les brins d’ADN endommagés en localisant un brin endommagé, en identifiant le «clivage» (un point endommagé) et en faisant en sorte que le reste du brin d’ADN ne se fende pas. La cellule est habituellement incapable de réparer ce dommage, réduisant le risque de duplication d’un fragment de chromosome, c’est-à-dire le doublement inhabituel d’un segment de chromosome au cours de la réplication de l’ADN, lors la mitose ou division cellulaire qui permet à une cellule mère de transmettre l'intégralité de l'information génétique contenue dans l'ADN à chacune de ses deux cellules filles.

La L-lysine semble interagir avec l’arginine, un autre acide aminé produit en petites quantités dans le corps. L’arginine pourrait augmenter le risque de duplication d’un fragment de chromosome. On a montré que des quantités élevées de L-lysine dans le corps diminue l’efficacité de l’arginine car leurs effets s’opposent. L’explication de l’efficacité de la L-lysine pourrait être la suivante : le risque de duplication d’un fragment de chromosome disparaîtrait lorsque le taux de lysine dans l’organisme dépasse celui de l’arginine. Le processus de duplication nécessite de l’arginine ; lorsque l’arginine disparaît au profit de la lysine (ces deux acides aminés sont concurrents), la duplication serait plus difficile.

La L-lysine pourrait permettre de prévenir la génotoxicité (endommagement d’ADN et d’ARN) dans des cellules exposées à certaines substances mutagènes (produits chimiques, médicaments).

L’utilisation la plus fréquente de L-lysine est dans le traitement du virus de l’herpès simplex.

La L-lysine réduit l’anxiété et les autres symptômes psychologiques dont la schizophrénie.

La L-lysine a divers mécanismes et variations grâce auxquels elle peut lutter contre le cancer, réduisant la taille de la tumeur et causant la mort cellulaire dans les cellules cancéreuses sans endommager les cellules saines proches.

Les autres avantages de L-lysine comprennent l’augmentation de l’absorption de calcium, la réduction des maladies liées au diabète et l’amélioration de la santé intestinale.

Un excès de méthionine d’origine alimentaire et une carence en L-lysine, aggrave les symptômes de la schizophrénie.

On peut donc émettre l’hypothèse qu’il est possible de corriger les symptômes de la schizophrénie (surdosage en méthionine et carence en L-lysine), les états dépressifs (carence en méthionine et probablement en L-lysine), l’anxiété (carence en L-lysine), la démence (surdosage en méthionine), certains troubles hépatiques (carence en méthionine) et cardiaques (surdosage en méthionine), les troubles de méthylation de l’ADN par une alimentation qui assure un apport équilibré en L-méthionine et L-lysine, à l’avantage de la L-lysine.

Une carence en L-lysine de 4 jours chez le rat interfère avec la libération circadienne normale du neurotransmetteur sérotonine, mais pas de dopamine. L'effet a été annulé par la réalimentation des rats déficients en L-lysine avec un régime témoin pendant 24 h. Il y avait un effet combiné du temps et de la déficience en L-lysine sur l'excrétion fécale stimulée par le stress de la contrainte, mesurée en poids de matières fécales. L'anxiété induite par le stress causé par le choc des pieds et l'excrétion fécale stimulée par le stress de la contrainte étaient significativement plus importantes chez les rats déficients en L-lysine que chez les témoins. Une carence sévère en L-lysine alimentaire augmente la libération de sérotonine dans l'amygdale, avec des changements ultérieurs dans les réponses psycho-comportementales au stress.

Un régime alimentaire déficient en L-lysine diminue la teneur du cerveau entier en L-lysine et affecte l'activité de la norépinéphrine dans l'hypothalamus. De tous les acides aminés indispensables, la L-lysine est celui qui est le plus fortement conservé, en raison de sa capacité de stockage et de son catabolisme plus lent. Les modifications neurales qui ont été détectées chez les rats déficients en L-lysine et la participation de la L-lysine  et de ses métabolites aux fonctions cérébrales normales soulèvent la possibilité d'altérations psycho-comportementales pendant la déficience en L-lysine. Il y a des parallèles humains de la déficience partielle en L-lysine.

La sérotonine est impliquée dans la réponse anorexique à un régime déficient en acides aminés. Il est possible que le système de  sérotonine dans le noyau central de l'amygdale soit impliqué dans les réponses anorexiques à toutes les carences en acides aminés indispensables. La sérotonine dans le noyau central de l'amygdale est impliquée dans la réponse de l'aversion au goût conditionné à un régime déficient en acides aminés. L'amygdale a été impliquée dans la régulation des émotions, y compris les préférences alimentaires, la peur et les réponses au stress. Les augmentations de l'activité de la sérotonine dans le noyau central de l'amygdale, comme nous l'avons observé chez les rats déficients en L-lysine, ont des effets anxiogènes.

Une hyperhomocystéinémie (c’est-à-dire l'homocystéine plasmatique élevée, le dérivé déméthylé de l'acide aminé méthionine) a été associée à la schizophrénie, à la maladie d’Alzheimer, au déclin cognitif.

Les maladies neuropsychiatriques englobent un certain nombre de manifestations neurologiques, cognitives et psychiatriques pouvant être secondaires à une carence en folate. Ces manifestations comprennent la démence, les syndromes schizophréniens, l'insomnie, l'irritabilité, l'oubli, la dépression endogène, la psychose organique, la neuropathie périphérique, la myélopathie et le syndrome des jambes sans repos. Plusieurs études ont documenté une amélioration de la dépression chez certains patients après une supplémentation orale avec du 5-MTHF. Un supplément d'acide folique pourrait avoir un effet positif sur la morbidité de certains patients bipolaires soumis à une thérapie au lithium.  Un syndrome caractérisé par une dépression légère, une fatigue musculaire et intellectuelle permanente, des symptômes légers de jambes sans repos, des réflexes tendineux de la cheville diminués, une diminution de la sensation de vibration dans les jambes, une hypoesthésie de type bas et une constipation de longue durée semblent répondre à la supplémentation en acide folique.

Les régimes pauvres en vitamine B6 ont également été associés à un dysfonctionnement cérébral et à des affections neurologiques, telles que la dépression et la maladie de Parkinson. B6 est nécessaire à la synthèse de la sérotonine et de la dopamine par les neurotransmetteurs, essentielle à la communication normale entre cellules nerveuses.

 

Une supplémentation en vitamine B9 permet un traitement de certains cas d'autisme. Lors d'une expérimentation, la supplémentation orale en acide folique a entraîné une récupération partielle ou totale après 12 mois. Il en va de même pour la vitamine B6 associée au magnésium,  qui permettent d'accroître le QI verbal.

Les enfants dont les mères sont atteintes du génotype MTHFR 677 TT, CBS et ne déclarent pas consommer de vitamines prénatales ont un risque accru de trouble autistique.

De nombreuses études ont rapporté les effets bénéfiques des suppléments vitaminiques et nutritionnels dans le traitement du spectre autistique et d'autres troubles neurologiques, car des carences sont possibles en diverses vitamines B : B6, B12 et acide folique. Des niveaux élevés d'homocystéine et de stress oxydatif sont généralement associés à des troubles neuropsychiatriques tels que l'autisme. Un apport supplémentaire en vitamines B6, B12 et en folate a été efficace pour abaisser le taux d'homocystéine dans le sang. Un tel traitement diminue le taux d'homocystéine et donne presque le même taux d'homocystéine dans le plasma des enfants autistes et du groupe témoin.

Une carence alimentaire en vitamine B12 a été identifiée comme la cause de la neuropathie optique partiellement réversible chez 3 enfants autistes. Le traitement à la vitamine B12 et la normalisation des taux de vitamine B12 ont entraîné une amélioration du fonctionnement visuel des enfants.

Une étude a montré l'efficacité des suppléments nutritionnels en vitamine B6 dans les troubles du spectre autistique, ainsi que des améliorations statistiquement significatives du sommeil et des problèmes gastro-intestinaux chez les enfants autistes par rapport au groupe placebo. Un garçon autiste de 9 ans a répondu positivement aux suppléments nutritionnels en vitamine B6. Ce régime a entraîné une amélioration de la communication, de la sociabilité, de la conscience cognitive et du comportement.

Le métabolisme du folate ou de la méthionine est modifié chez les enfants autistes.

Le complexe de vitamines B-nutrics permet un traitement de l'hyperhomocystéinémie, et donc d’une maladie de type Alzheimer, ce qui laisse à penser qu'il pourrait permettre de soigner, entre autres, le cancer (gastrique notamment) et les troubles cognitifs en cas de trisomie 21.

Chez toutes les personnes atteintes d‘un trouble de la reméthylation, l’utilisation de protoxyde d’azote (N2O) dans les procédures anesthésiques doit être évitée en raison de son inhibition des  enzymes impliquées dans la reméthylation.

Les déficits liés aux troubles de la reméthylation résident dans les carences en vitamines B méthylées, méthyl vitamine B12 (méthylcobalamine) et 5-méthyltétrahydrofolate (5-MTHF), forme active du folate ou vitamine B9.

L'enzyme 5-MTHFR convertit le 5,10-méthylènetétrahydrofolate en 5-MTHF, qui donne son groupe méthyle à la cobalamine (vitamine B12), formant ainsi la méthylcobalamine, processus qui est perturbé chez une personne présentant une mutation MTHFR, d’où la nécessité d’un apport direct de méthylcobalamine par voie orale.

 

Le 5-MTHF est, par conséquent, nécessaire au métabolisme optimal de l'homocystéine, car il agit en tant que donneur de méthyle, fournissant un groupe méthyle à la vitamine B12. La forme méthylée de la vitamine B12 (méthylcobalamine), ainsi obtenue ou administrée, à défaut, directement par voie orale, transfère ensuite ce groupe méthyle à l'homocystéine. Le résultat est un recyclage de l'homocystéine en méthionine, entraînant une réduction de l'homocystéine plasmatique élevée.

 

Notons qu'une supplémentation en doses élevées d'acide folique peut masquer une carence en vitamine B12, entraînant des lésions neurologiques consécutives à une anémie pernicieuse non diagnostiquée. Comme le 5-MTHF ne peut être converti en 5,10-méthylènetétrahydrofolate (impliqué dans la synthèse de l'ADN) après avoir participé au recyclage de l'homocystéine avec de la vitamine B12, car le 5-MTHF n'est pas actif dans la synthèse de l'ADN sans l'aide de B12, l'administration de méthylcobalamine pourrait masquer un déficit en B12. Une supplémentation adéquate en méthylcobalamine , c'est-à-dire des doses élevées, semble éviter ce problème potentiel.

Après la méthylation de l’homocystéine, le THF (tétrahydrofolate) formé est à nouveau recyclé en 5CH3THF (méthyltétrahydrofolate) par des réactions impliquant les vitamines B6 et B2. Le cycle des folates est ainsi entièrement dépendant des apports en acide folique (vitamine B9), source de THF, en vitamines B6 et B2 cofacteurs des enzymes qui catalysent la formation des composés intermédiaires précurseurs du 5CH3THF, et en B12, indispensable à l’activité de la méthionine synthase.

L'homocystéine est un acide aminé appartenant au métabolisme de la méthionine, situé au carrefour de deux voies métaboliques : la trans-sulfuration et la reméthylation. La trans-sulfuration conduit à la dégradation de l’homocystéine en cystéine, précurseur du glutathion. Les deux enzymes qui catalysent cette voie, les cystathionine-béta-synthase (CBS) et cystathionine-gamma-lyase (CGL), sont des enzymes B6-dépendantes. L’enzyme cysthathionine-béta-synthase (CBS) est à coenzyme B6. Une forme coenzymatique de la vitamine B6 est le pyridoxal-5-phosphate (PLP). Les formes de vitamines B coenzymées, bio-identiques à celles utilisées dans l'organisme, ont souvent un effet plus puissant que les vitamines B classiques.

La maladie d'Alzheimer se caractérise par la destruction des neurones de certaines régions du cerveau. Un cocktail de vitamines B pourrait diviser par sept la perte de neurones dans les régions du cerveau touchées par la maladie d'Alzheimer. En diminuant ainsi l'atrophie neuronale d'environ 50%, on ralentit bien le déclin cognitif. L'homocystéine, cet acide aminé issu du métabolisme de la méthionine et utilisé pour former l'indispensable acétylcholine, est massivement retrouvé dans le sang des patients, de telle sorte qu'on associe cet excédent à la maladie. La thérapie vitaminique était d'autant plus efficace que les taux de base en homocystéine étaient élevés.

Chez une lignée de souris transgéniques ayant de graves difficultés de l'apprentissage moteur, la « lignée 66 » avec abondance de tau filamentaire, l'administration orale de méthylthioninium (MT, composant du bleu de méthylène) compense ce déficit et réduit la charge de tau. Chez l'Homme, une étude clinique a montré l'inhibition de l’agrégation de tau, accompagnée d'une réduction significative du déclin cognitif clinique (de 84 % sur 50 semaines).

D'un point de vue biologique, dans le cancer comme dans la maladie d'Alzheimer, il y a une diminution de l'activité mitochondriale. Dans le cancer, l'inhibition de la respiration mitochondriale résulte en une prolifération incontrôlée et donc à la croissance tumorale. Dans le cancer, cette inhibition mitochondriale résulte en une prolifération cellulaire.

Dans la maladie d'Alzheimer, cette inhibition mitochondriale résulte en une apoptose, une mort cellulaire responsable des troubles neurologiques. Récemment Mme Hamraz a démontré que l'augmentation de pression (causée par l'inflammation) inhibait la mitochondrie et entraînait une diminution de rendement énergétique.

Les mêmes molécules (acide lipoïque, bleu de méthylène…) ont une efficacité à la fois contre le cancer et l'Alzheimer. De même, le régime cétogène (c'est-à-dire riche en graisses et pauvre en sucres) semble efficace dans ces deux maladies pourtant cliniquement différentes. Ceci prouve l’importance du groupe méthyle dans le traitement de la maladie d’Alzheimer et du cancer.

On a associé le déficit en folate à un risque accru de cancers et de troubles neurodégénératifs tels que la maladie d’Alzheimer.

Dans une étude, les volontaires avaient tous plus de 70 ans et étaient atteints de troubles cognitifs légers, un stade intermédiaire entre la situation normale et la démence, souvent annonciateur de la maladie d'Alzheimer. Les participants ont été répartis en deux groupes : une moitié avalait quotidiennement 20 mg de vitamine B6, 0,5 mg de vitamine B12 et 0,8 mg de vitamine B9 (acide folique), tandis que le reste était sous placébo.

Après un suivi de deux ans, tous les patients avaient perdu de la matière grise. Un résultat cohérent puisque c'est le lot de tout le monde avec l'âge. Mais dans les régions ciblées, la perte neuronale monte à 3,7 % dans le groupe placébo, et atteint seulement 0,5 % chez les patients traités : soit environ 7 fois moins. L'efficacité est encore plus frappante si l'on se focalise sur les niveaux de base d'homocystéine. Chez les malades présentant les taux les plus faibles et bénéficiant des vitamines B, le traitement semble peu efficace. En revanche, chez ceux affichant les niveaux les plus élevés, l'effet positif se montre plus important.

Cette étude démontre donc l'intérêt de la prise de vitamines B dans la prévention de la maladie d'Alzheimer.

La trisomie 21 (ou syndrome de Down) est une anomalie chromosomique qui touche la 21e paire de chromosomes. Au lieu d’avoir deux chromosomes 21, les personnes atteintes de trisomie 21 ont trois copies de ce chromosome. Cela engendre des signes cliniques : retard cognitif, modifications morphologiques particulières… Or on a découvert que sur le chromosome 21 se situe le gène APP, qui est responsable de la production de la protéine béta-amyloïde toxique qui s’accumule dans le cerveau des malades d’Alzheimer. Donc les personnes qui ont un chromosome 21 supplémentaire vont avoir plus de copies du gène APP et vont produire plus de protéine toxique béta-amyloïde. Cela explique pourquoi la grande majorité des personnes trisomiques présentent une accumulation cérébrale de la protéine béta-amyloïde et ont un haut risque de développer une maladie d’Alzheimer autour de 50/60 ans. Un traitement à base d'un cocktail de vitamines B pourrait donc également aider à soigner, entre autres, les troubles cognitifs en cas de trisomie 21. Certaines études ont d'ailleurs montré des niveaux réduits de vitamine B6 chez les personnes présentant le syndrome de Down.

Un déficit en folates est suspecté dans la trisomie 21. Or, quelques études ont rapporté un bénéfice d’une supplémentation par folates et suggéré la possibilité d’interactions positives entre folates et hormones thyroïdiennes sur le développement. L’apnée du sommeil est également plus répandue chez ces enfants. Ils peuvent aussi avoir une tendance au surpoids.

Plusieurs études ont décrit un dysfonctionnement énergétique mitochondrial dans la trisomie 21, ce qui pourrait expliquer l’hypotonie puis la faiblesse musculaire des enfants trisomiques.

Les trisomiques sont curieusement bien moins exposés à la survenue de tumeurs solides que la population générale (sauf peut-être pour quelques tumeurs comme le cancer du testicule), existe chez eux un risque multiplié par 20 de leucémies aiguës. On peut observer des leucémies aiguës myéloblastiques (LAM), parfois transitoires chez les nourrissons trisomiques et souvent de bon pronostic, puis lymphoblastiques (LAL) et de pronostic un peu moins bon que chez les enfants non trisomiques.

Dans la trisomie 21, la présence d’un chromosome supplémentaire semble interagir avec les nombreuses modifications épigénétiques. Cela se caractérise sur le phénotype et la variabilité du handicap neurologique et cognitif des personnes ayant une trisomie 21.

Les personnes porteuses de trisomie 21 ont trois exemplaires du gène CBS (Cystathionine-béta-synthase) situé sur le chromosome 21 – au lieu de deux – dans chacune de leurs cellules.

La présence de l’enzyme CBS dans les cellules du cerveau ainsi que dans de nombreux autres organes est un fait avéré. Son implication est démontrée dans plusieurs pathologies, principalement dans le cancer du côlon ou des ovaires. CBS interviendrait également dans les phénomènes de dilatation des vaisseaux liés au cancer, dans la multiplication des cellules, de façon directe ou par l’intermédiaire du gaz qu’elle produit, le H2S, un gaz intracellulaire notamment produit dans les cellules du cerveau (neurones) par l’enzyme CBS.

La surexpression du gène CBS a des effets sur la concentration de sulfure d’hydrogène (H2S). Les effets sur la concentration de sulfure d’hydrogène (H2S) pourraient être en partie responsables du retard mental chez les personnes touchées par une trisomie 21. La surexpression du gène CBS et la toxicité du gaz H2S produit en excès sont responsables de certains troubles neurocognitifs et autres effets délétères liés à la trisomie 21. Le taux anormal de H2S a pour conséquence un dysfonctionnement des mitochondries (principale organelle intracellulaire produisant de l’énergie dans la cellule) et donc une production d’énergie intracellulaire insuffisante. La suppression de la production d’H2S via l’inhibition (mise sous silence) de cette enzyme CBS en laboratoire sur des cellules humaines vivantes normalise les taux de H2S intracellulaire et restaure la capacité de production de l’énergie. Une extrapolation de ces résultats en inhibant la production de H2S en particulier dans les cellules neuronales pourrait améliorer la fonction neuronale et cognitive des personnes atteintes par la trisomie 21 (syndrome de Down).

Le Professeur Jérôme Lejeune avait établi un parallèle entre les symptômes des patients atteints d’homocystinurie et ceux des porteurs de trisomie 21, tous deux souffrant d’une déficience intellectuelle et d’une mutation du gène CBS.

Le Pr Lejeune avait eu l’intuition suivante : puisque l’homocystinurie est associée à une sous-expression du gène CBS, peut-être ce gène se trouve-t-il surexprimé au cours de la trisomie 21 avec, donc, un excès de l’enzyme pour laquelle il code. Cette hypothèse fut confirmée en 1984.

Le terme « homocystinurie » se réfère à la présence d’homocystéine dans l’urine ; elle survient lorsque les taux sanguins d’homocystéine, un acide aminé potentiellement toxique, sont élevés. Il existe différents types d‘homocystinurie, causés par différents dysfonctionnements du métabolisme de la méthionine.

L'homocystinurie classique a été décrite en 1962 par Carson et Neill. Il s'agit d'une maladie génétique rare (moins d'une personne sur 2 000). Elle est due à un déficit d'une enzyme, la cystathionine bêta-synthase (CBS), qui va provoquer l'accumulation (thésaurismose) dans l'organisme de produits toxiques que sont l'homocystéine et la méthionine.

Le gène de la cystathionine β-synthase (CBS) qui produit cette enzyme et qui est responsable du déficit en CBS, se trouve sur le chromosome 21, en position sous-télomérique 21q22.3.

Il a été rapporté que l'homocystinurie due à un déficit en CBS est causée par des mutations du gène CBS. Les mutations du CBS pourraient entraîner une perturbation de l'activité enzymatique. On note que les patients ont une activité enzymatique entre 0 et 10%, ceux qui sont améliorés par la pyridoxine (vitamine B6) gardant une petite activité enzymatique qui augmente avec le traitement..

La protéine CBS est une enzyme dépendante du pyridoxal-5’-phosphate (P5P, forme métaboliquement active de la vitamine B6) et catalyse la condensation de l'homocystéine avec l'homocystéine et la sérine pour former la cystathionine. Biochimiquement, la déficience de l'enzyme CBS entraîne une forte augmentation de l'homocystéinémie et donc une excrétion accrue d’homocystéine dans l’urine, une forte homocystinurie et se caractérise également par des concentrations plasmatiques élevées d'homocystéine et de méthionine et une diminution des niveaux de cystathionine et de cystéine dans les fluides corporels.

Certaines études ont montré des niveaux réduits de vitamine B6 chez les personnes présentant le syndrome de Down, ce qui confirmerait les effets de la surexpression du gène CBS et d’une mutation de ce gène.

L'homocystéine est un acide aminé appartenant au métabolisme de la méthionine, situé au carrefour de deux voies métaboliques : la reméthylation et la trans-sulfuration.

La trans-sulfuration conduit à la dégradation de l’homocystéine en cystéine, précurseur du glutathion. Les deux enzymes qui catalysent cette voie, les cystathionine-bêta-synthase (CBS) et cystathionine-gamma-lyase (CGL), sont des enzymes B6-dépendantes.

L’homocystéine transfère son groupement thiol à une molécule de sérine qui deviendra une cystéine, les carbones restant de l’homocystéine rejoindront le cycle de Krebs. La première étape de condensation homocystéine-sérine est catalysée par l’enzyme, à coenzyme B6, CBS (cystathionine-β-synthase).  Il y a alors formation de la cystathionine. La cystathionine est ensuite coupée en donnant une cystéine et un alpha-cétobutarate.

En fonction des besoins en méthionine, environ 50% de l'homocystéine s'oriente vers la voie de la trans-sulfuration, voie irréversible, où elle peut être éliminée (sauf dans le cas d’une perturbation de l'activité enzymatique, qui entraîne une  augmentation de l'homocystéinémie, ce qui est le cas dans l’homocystinurie classique. On note que les patients ont une activité enzymatique entre 0 et 10% ; ceux qui sont améliorés par la pyridoxine gardaient auparavant une petite activité enzymatique).

La voie de la reméthylation recycle l'homocystéine en méthionine à l'aide de la méthionine synthase (MS), dont l'un des substrats est synthétisé par la Méthylène Tétra Hydro Folate Réductase (MTHFR). Cette réaction demande la présence de méthyl-cobalamine (vitamine B12). Une deuxième voie de reméthylation est catalysée par la bétaïne-homocystéine-méthyl-transférase.

Ainsi, la concentration de l'homocystéine dépendra de la concentration en folates, vitamine B6, vitamine B12 et de l'activité des CBS et MTHFR.

Le traitement de l’homocystinurie classique est la pyridoxine (la vitamine B6) qui est le cofacteur de l'homocystéine et qui améliore nettement un tiers des patients.

Chez les patients se révélant répondeurs à la pyridoxine (c‘est-à-dire présentant une baisse significative de leur valeur d’homocystéine sous traitement par pyridoxine), de fortes doses de pyridoxine (vitamine B6) constitueront la base du traitement.

Les formes de vitamines B coenzymées, bio-identiques à celles utilisées dans l'organisme, ont souvent un effet plus puissant que les vitamines B classiques. Une forme coenzymatique de la vitamine B6 est le pyridoxal-5-phosphate (P5P), présent dans le complexe de vitamine B-nutrics.

Pour les patients ne présentant pas de baisse de leur taux d’homocystéine sous traitement par pyridoxine seule, des options thérapeutiques supplémentaires seront requises : régime pauvre en méthionine (éviction des aliments à forte teneur en protéines, boisson protéinée de substitution sans méthionine, aliments à faible teneur en protéines et sans protéine), supplémentation vitaminique par pyridoxine, acide folique et vitamine B12, bétaïne.

Remarques concernant les dernières avancées sur la trisomie 21 :

Si le gène CBS, qui produit une enzyme B6-dépendante, joue effectivement un rôle, en particulier dans la trisomie 21, il me semble que le gène ALPL ou PAL (phosphatase alcaline), qui produit également une enzyme B6-dépendante, pourrait intervenir dans l'apparition d'autres trisomies (par exemple la trisomie 22q11). Ceci montre à mon avis l'importance de l'action de la vitamine B6, plus que celle de ces gènes et de leur inhibition.

Des mutations des gènes CBS et ALPL (ou PAL) sont responsables de troubles du métabolisme de la vitamine B6. Le gène phosphatase alcaline (ALPL ou PAL) produit l'enzyme principale impliquée dans la teneur plus faible en vitamine B6 chez les porteurs de l'allèle C, d’où l’importance de l’apport complémentaire à fortes doses de pyridoxal-5-phosphate (P5P, forme active de la vitamine B6, présente dans le complexe de vitamine B-nutrics).

La surexpression du gène CBS est à l'origine d'un déficit en vitamine B6 (même si la B6 sérique est suffisante, elle n'est pas forcément "assimilée" par le corps ou ne correspond pas à la quantité nécessitée par la surexpression). Je pense que l'on peut combler un déficit pathologique en l'une des vitamines B par un apport nettement supérieur à l'AJR, le surplus étant évacué dans les urines, s'il y a lieu (Les vitamines B sont hydrosolubles – solubles dans l’eau. En conséquence, l’organisme est incapable de les stocker. Toute dose supérieure au besoin quotidien est immédiatement évacuée dans les urines. L’alimentation doit donc fournir chaque jour une part de vitamines B afin que le corps ne se trouve pas en carence). À mon avis, il faut essayer d'agir sur l'administration de vitamine B6 sous sa forme co-enzymée, le pyridoxal-5-phosphatase (P5P), c'est-à-dire sa forme bio-identique à celle utilisée dans l'organisme, qui a souvent un effet plus puissant.

D'autre part, un déficit d'une seule vitamine B peut entraîner une anomalie dans le métabolisme d'une autre vitamine B. Je pense que l'acide folinique, dont il est question dans la dernière lettre d'information de la Fondation Jérôme Lejeune, n'est pas, pour la même raison, la forme d'administration de la vitamine B9 la plus adaptée. Je pense également que l'administration de vitamines B6 et B9 à elle seule ne suffit pas. C'est pourquoi je préconise le complexe de vitamines B-nutrics, dans lequel on trouve un complexe de vitamines B sous la forme la plus aisément assimilable par l'organisme.

À l’image de ce qui se passe pour l’homocystinurie classique due à une mutation du gène CBS, les patients qui pourraient être améliorés par l’administration de vitamines B pourraient être ceux gardant une petite activité enzymatique qui pourraient augmenter avec le traitement.

Le complexe de vitamines B-nutrics, permet d’essayer de combler les déficits en vitamines B, en particulier ceux associés à une hyperhomocystéinémie (vérifier le taux d’homocystéine dans le sang) par une supplémentation spécifique dont les doses sont nettement supérieures aux apports journaliers recommandés, le surplus étant évacué dans les urines.

Remarque : À prendre uniquement en cas de trouble du métabolisme d’une ou plusieurs vitamines B, avec quelques gouttes de jus de citron (1 demi-cuillère à café) pour la vitamine C et l’acide citrique et en parallèle avec une consommation quotidienne de farine d’engrain pour éviter certains effets secondaires, en adoptant également le régime méditerranéen, par exemple tel que je le décris sur www.ving2.over-blog.com.

(Je n'ai aucun lien avec le laboratoire Bionutrics sinon de prendre moi-même un comprimé de B-nutrics chaque matin en raison d'une hyperhomocystéinémie légère, liée à un déficit important en folate d'origine génétique, dû à une mutation du gène MTHFR. À noter que ma mère a aussi une hyperhomocystéinémie et une maladie de type Alzheimer, que moi-même j'avais des problèmes de mémoire qui se sont nettement améliorés, que mon épouse a un déficit en folate et en vitamine B6 d'origine génétique, dû à une mutation des gènes MTHFR et ALPL ou PAL, et que ma fille a une trisomie 22q11.)

J'ai peur que l'inhibition des gènes CBS ou ALPL chez l'être humain n'ait des conséquences autres, potentiellement négatives, outre le bénéfice hypothétique qu'on en attend. J'en veux pour preuve les cas de déficit sévère en MTHFR que je rapporte sur mon blog :

"Le déficit sévère en MTHFR est rare (environ 50 cas dans le monde) et est dû à des mutations entraînant une activité enzymatique résiduelle de 0 à 20%. Les patients présentent un retard de développement, un dysfonctionnement de la motricité et de la marche, des convulsions et un déficit neurologique. Ils présentent des taux extrêmement élevés d'homocystéine dans le plasma et l'urine, ainsi que des taux plasmatiques de méthionine faibles à normaux. Cette déficience et les mutations du MTHFR ont également été associées à une paraparésie spastique récessive avec déficit complexe I."