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Les bénéfices du régime méditerranéen (1)

Pourquoi le régime méditerranéen contribue-t-il au traitement de l’hyperhomocystéinémie ? Comment utiliser le levier de l’alimentation pour la maladie d’Alzheimer, les trisomies, les malformations et les maladies psychiques ?

Le rôle de l’alimentation et des nutriments, notamment des vitamines, des minéraux, des oligo-éléments, etc., qu’elle apporte est fondamental pour l’épigénétique.

Qu’est-ce qu’un nutriment et un supplément alimentaire ?

D’après le docteur Jean-Pierre Willem, dans son livre Les secrets du régime crétois, Le vrai passeport pour vivre centenaire[1], un micronutriment « est une substance indispensable au bon fonctionnement de l’organisme, apportée, normalement, en quantité suffisante par l’alimentation […]. Quand l’individu se nourrit trop peu ou mal, il convient d’administrer à l’organisme ces [nutriments] sous forme naturelle ou synthétique afin de lui permettre de vivre en bonne santé. » Dans ce cas, on parle de suppléments.

« Les suppléments alimentaires sont, en fait, les micronutriments, c’est-à-dire :

  • Les vitamines, substances indispensables à la vie […] : toutes les vitamines du groupe B, la vitamine C, […] les vitamines A, D, E, K.
  • Les sels minéraux, présents en grande quantité dans l’organisme : calcium, chlore, magnésium, phosphore, potassium, soufre.
  • Les oligo-éléments, présents à l’état de trace dans l’organisme, restent indispensables à son bon fonctionnement : chrome, cobalt, cuivre, fer, fluor, iode, manganèse, molybdène, sélénium, silicium, vanadium, zinc.
  • Les acides gras : acides gras mono-insaturés (acide oléique), acides gras poly-insaturés, que l’organisme ne peut fabriquer (acide linoléique, acide linolénique).
  • Les acides aminés. Il en existe vingt-cinq et, sur ces vingt-cinq, neuf sont dits essentiels car ils ne peuvent être fabriqués par l’organisme et doivent donc être apportés par l’alimentation : cystéine, isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalaline, thréonine, tryptophane et valine.

On peut aussi considérer certaines substances reconnues pour leur action bénéfique sur le corps humain comme des suppléments alimentaires, par exemple les flavonoïdes ou les plyphénols (présents dans le marc de raisin, le ginkgo biloba…), substances anti-vieillissement ; les phyto-hormones, se trouvant par exemple, dans le soja […].

Les suppléments alimentaires peuvent être absorbés sans crainte ; toutefois, il existe des risques de surdosage [exogène (hors alimentation)], pouvant entraîner des troubles divers. Un excès de cuivre, par exemple, peut entraîner une fatigue intense, une dépression, comme un surdosage en sélénium provoquera une chute de cheveux et des ongles et un excès de vitamine D occasionnera une calcification des tissus. […]

Micronutriments : un bilan individualisé

Certains laboratoires d’analyses médicales effectuent sur demande un bilan micronutritionnel [...]. Un organisme peut être en carences de vitamines, sels minéraux, oligo-éléments, acides gras, acides aminés, polyphénols… à cause d’une alimentation déséquilibrée, incomplète. Ce bilan […] permet au médecin formé en nutrithérapie de rectifier les habitudes alimentaires de son patient et lui prescrire, le cas échéant, les suppléments alimentaires adaptés à son cas. »

Les vitamines

Comme l’indique Christine Bouguet-Joyeux dans son livre Guide pratique de la gastronomie familiale, L’art et le plaisir pour la santé[2],

Pages 71-73 : "La vitamine C : Il faut citer de manière particulière cette vitamine au rôle physiologique stratégique et fondamental. Elle se retrouve à doses différentes dans tous les végétaux, mais reste particulièrement sensible à la cuisson qui, au-delà d’un certain seuil, la détruit.

 […] La vitamine C intervient dans de nombreux métabolismes : au niveau des tissus et cellules (protection contre les radicaux libres qui abîment les cellules, entretien du collagène, c’est-à-dire du tissu de soutien, fonctionnement des neurotransmetteurs (transmission de l’influx nerveux au niveau du cerveau ; ce qui est essentiel pour la mémoire) […], protection des altérations oxydatives endogènes de l’ADN dans le sperme des fumeurs, responsables de stérilités et de malformations congénitales, génétiques […].

La vitamine C est très sensible au trempage […] (ne jamais laver ou tremper les légumes ou fruits après épluchage) ; à la chaleur : attention à la cuire le moins possible (préserver couleur, odeur, texture, au maximum) ; et à l’oxydation […] : donc consommez très vite vos fruits et légumes sans les stocker à la lumière et à la chaleur ambiante : ils se faneront très vite, signe de leur dégradation en vitamines et minéraux.

Une crudité, 1 légume vert peu cuit, 2 fruits frais, à chaque repas, sont une bonne et suffisante source de vitamines quotidienne. En hiver et [en cas de fatigue, stress, croissance, grossesse ou convalescence], de même que dans les états infectieux ou grippaux, privilégiez les sources les plus riches en vitamines C : pour 100 g : le persil à feuilles plates (170 mg), le poivron (140 mg), les kiwis (100 mg), le chou vert (80 mg), les fraises (60 mg), les jus de cassis, les salades de cresson (51 mg), en sont au moins autant ou plus riches que les agrumes (50 mg), et la tomate pas beaucoup moins (40 mg et l’on en mange plus).

Mais il ne faut pas confondre vitamine C et comprimés de vitamine C.

[…]   Attention une fois encore aux suppléments en comprimés, surtout en excès, qui ont des effets inverses à ceux qu’on leur attribue : absorber chaque jour 500 mg de vitamine C peut provoquer des altérations de l’ADN, au niveau du noyau de la cellule, par effet oxydant, comme l’a montré une étude britannique (Université de Leicester, département de pathologie chimique, in Nature, 8 avril 1998, découverte d’une action potentiellement mutagène de la vitamine C (500 mg par jour pendant 6 semaines, et augmentation de la 8-oxo-adénine) sur la cellule… cette action est temporaire et réversible, mais la douteuse efficacité de la supplémentation régulière chez les personnes ne souffrant pas de carences vaut-elle le risque ? Les vitamines naturelles, seulement présentes dans les aliments, sont mieux assimilées, plus efficaces. Ainsi il n'y a pas de risque de surdosage."

Page 73 : "La vitamine A et la provitamine A ; les caroténoïdes (lycopène, lutéine) :

Les excès en vitamine A, quant à elles, peuvent avoir des graves conséquences pour le foie.

Le bêta-carotène ou provitamine A se trouve principalement dans les fruits et légumes : carottes (6 à 10 mg/ 100 g), potimaron (17 mg), pissenlit (8,5 mg), persil (7 mg)…

[…] il a été montré une action des caroténoïdes sur […] le bon fonctionnement de la division cellulaire, de la reproduction. Le lycopène [est le] pigment rouge de la tomate […]. La lutéine, caroténoïde extrait du kiwi, [est] "présent[e] dans le kiwi, la laitue, le cassis, mais aussi les épinards, les choux frisé ou cavalier" […]. Un mélange de caroténoïdes naturels, présents dans l’alimentation, est plus efficace et agit en synergie en fonction de leurs propres caractéristiques de solubilité et de leurs activités antioxydantes spécifiques.

Dangers d’une surcharge en vitamine A exogène (hors alimentation naturelle)

[…] Risques tératogènes chez la femme enceinte, aux périodes sensibles de l’embryogénèse (50 00 UI en une seule prise pour un sujet de 60 kg suffit : "la plus stricte prudence doit être respectée en matière de vitamine A pour les femmes jeunes" et donc il faut absolument éviter les doses massives qui entraînent dès la première dose une augmentation significative du taux d’acide rétinoïque circulant : d’où la prescription systématique de contraceptifs avec ces traitements.

À surveiller et limiter : certains compléments alimentaires à visée esthétique (beauté de la peau, des cheveux, des ongles) non sans risques ; les foies d’agneau et de veau (sauf ceux "élevés sous la mère") pour leur teneur considérable en vitamine A (de 66 000 à 130 000 UI pour 100 g)."

[Remarques : La vitamine A, rétinol, appartient à la famille des rétinoïdes (rétinol, rétinal, acide rétinoïque) actuellement très étudiés. La vitamine A présente principalement deux fonctions : maintien de la vision par la synthèse de la rhodopsine, régulation de l'expression génétique et de la différenciation cellulaire (activité commune à l'acide rétinoïque).

 

L'activité de régulation génétique s'exerce au niveau du noyau par un mécanisme similaire à celui des corticoïdes (récepteur cytoplasmique puis récepteur nucléaire). Par ailleurs la vitamine A intervient dans les phénomènes de glycosylation. Des dérivés des rétinoïdes ont été synthétisés et développés comme médicaments utilisés en dermatologie, rhumatologie et cancérologie. Des travaux importants sont également en cours sur la relation entre l'ingestion de béta-carotène et l'épidémiologie de certains cancers épithéliaux. Outre sa fonction de précurseur de la vitamine A, cette molécule présente également des propriétés anti-oxydantes.

 

Le premier signe de déficit en rétinol est un retard à l'adaptation à la vision nocturne. C'est cette adaptation qui intervient dans la vie courante lorsque l'on vient de croiser la nuit une voiture dont les phares vous ont ébloui. A un stade plus avancé apparaissent des anomalies cytologiques de la conjonctive puis, au maximum xérophtalmie et cécité (tiers monde).

 

Une toxicité chronique peut être observée en cas d'ingestion répétée de doses au moins supérieures à 10 fois les doses recommandées (> 14 000 UI chez l'enfant). Elle entraîne des anomalies cutanées, neurologiques, hépatiques. Ceci explique que la supplémentation en vitamine A des aliments et la dispensation des médicaments qui la contiennent soient réglementées pour éviter des surdosages intempestifs. Enfin l'administration de doses importantes doit également être évitée chez la femme enceinte en raison de sa tératogénicité potentielle.

Les caroténoïdes, précurseurs de la vitamine A, sont absorbés par diffusion passive, leur absorption allant de 5 à 50%. La prise, même excessive, de caroténoïdes ne provoque pas d’hypervitaminose A. L’absorption digestive des caroténoïdes est incomplète et leur transformation en vitamine A est régulée. La concentration normale de ß-carotène dans le plasma serait comprise entre 1 et 2 mg/L. Les caroténoïdes sont transportés dans le sang associés aux LDL.],

Page 75 : "La vitamine E : ce sont les alpha et bêta tocophérols et tocotriénols. Les tocophérols sont des antioxydants protecteurs […] des neurones […]. La vitamine E (alpha et bêta tocophérols ensemble) […] semble agir dans la prévention […] de la stérilité de nombreuses études expérimentales montrent que la vitamine E naturelle, celle de l’alimentation, est plus efficace et mieux utilisée par l’organisme, donc plus bio-disponible (Étude MONICA de l’OMS).

[…] on trouve la vitamine E dans les céréales complètes et toutes les graines, germées surtout : les graines oléagineuses (noisette 21 mg, noix 7, noix de pécan 3,1), les huiles de germe de céréales (germe de blé 14 mg/100 g), l’huile d’olive 8 à 11 mg/100 g, certains fruits et légumes (fenouil 6 mg, abricot sec 4, kiwi, petit pois et salsifis 3, épinard 2,5, persil 2,2, avocat 1,850, mangue, 1,800…"

Page 76 : "[La vitamine D] (La vitamine D : la vitamine de demain ? Mémoire de DIU, S. Dominguez et B. Houssin, Dijon, 2007) : Un taux bas chez la femme enceinte entraîne une carence fœtale avec risque élevé d’hypocalcémie néonatale (en hiver surtout), et de pré-éclampsie. Elle est nécessaire à la croissance du système nerveux fœtal, à la maturation pulmonaire et celle du système immunitaire. […] [La vitamine D] est active […] sur les troubles de l’humeur et les performances cognitives […].

Synthèse endogène : de 50 à 70 %. Huile de foie de poisson (A et D).

Sources alimentaires animales : huile de foie de morue 200 microg/100g, poissons gras sauvages, saumon-hareng-sardine-maquereau : 10-20 microg.

Les sources alimentaires végétales en vitamine D : Céréales, champignons, levures, algues : "une alimentation strictement végétarienne non accompagnée d’une exposition solaire adéquate et d’une complémentation par huile de foie de flétan ou de morue est un terrain de prédilection pour la déficience ou la carence en vitamine D" ("La vitamine de demain", S. Dominguez et Brigitte Houssin).

[…] Les effets minimum se manifestent à la dose minimale de 800 UI par jour. Le dosage de la 25 hydroxy-vitamine D dans le sang est un bon marqueur du statut vitaminique D, obtenu par exposition solaire, et apport alimentaire direct (poissons gras, huile de foie de poisson). "

 

[1] DOCTEUR JEAN-PIERRE WILLEM, Les secrets du régime crétois, Le vrai passeport pour vivre centenaire, Éd. Dauphin.

[2] CHRISTINE BOUGUET-JOYEUX, Guide pratique de gastronomie familiale, L’art et le plaisir pour la santé, Préface du Professeur HENRI JOYEUX, Éd. François-Xavier de Guibert.

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