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La méthode anti-cancer des Drs. Richard Béliveau et Denis Gingras[1]

 

Le rôle du sucre

Plusieurs observations indiquent que ce sont surtout les bouleversements majeurs du mode de vie qui ont accompagné l’industrialisation qui procurent aux lésions précancéreuses les conditions optimales pour leur évolution vers un cancer. Par exemple, alors que notre métabolisme est adapté à une alimentation principalement composée de végétaux, pauvre en calories mais riche en fibres, et en composés phytochimiques antioxydants et anti-inflammatoires, les habitudes alimentaires actuelles se trouvent complètement à l’opposé, étant plutôt basées sur la consommation d’aliments surchargés de sucre et de gras, et donc de calories, tout en étant carencées en molécules protectrice d’origine végétale. Par conséquent, les deux tiers des habitants des pays industrialisés sont actuellement en surpoids, cette accumulation de graisse étant aggravée par une sédentarité sans précédent, résultat des progrès technologiques qui ont réduit radicalement les dépenses énergétiques de la majorité des gens. Ce mode de vie est propice à l’éclosion du cancer, car une mauvaise alimentation, un excès de poids corporel et une sédentarité excessive sont tous des facteurs qui peuvent donner un « coup de pouce » inespéré aux cellules précancéreuses en créant des conditions d’inflammation chronique qui déstabilisent l’équilibre normal de l’organisme et favorisent la progression de ces cellules.

Qu’est-ce qui fait que de nombreuses lésions précancéreuses qui se forment spontanément demeurent dans un état latent chez une personne tandis qu’elles parviennent à évoluer en cancer chez une autre ? Des facteurs hors de notre contrôle comme le vieillissement et l’hérédité sont souvent considérés comme les principaux agents qui modulent ce risque de cancer, mais leur influence est en réalité beaucoup plus faible qu’on peut le penser.

Historiquement, l’inflammation a été associée à des phénomènes visibles comme les sensations de chaleur, de douleur, de rougeur ou encore de gonflement provoquées par une blessure (le fameux calor, dolor, rubor et tumor des médecins romains). Mais l’inflammation chronique est plus insidieuse, car elle se développe sans signes extérieurs et réussit à perturber considérablement l’équilibre du corps. Par exemple, l’inflammation chronique provoquée par des déséquilibres alimentaires et associée à une production accrue de dérivés réactifs de l’oxygène et de l’azote qui endommagent l’ADN et déstabilisent sa structure. Ces dérivés, ainsi que les messagers sécrétés par des cellules inflammatoires localisées près des cellules tumorales, peuvent aussi compromettre les fonctions de certains suppresseurs de tumeurs et perturber la délicate machinerie responsable de la réparation de l’ADN au cours de la division cellulaire. En parallèle, les cellules inflammatoires sécrètent des signaux qui réclament le recrutement de nouveaux vaisseaux sanguins à proximité des tumeurs, ce qui leur procure l’oxygène et les nutriments essentiels à leur croissance. En d’autres mots, l’inflammation chronique, qu’elle découle d’une mauvaise alimentation, d’un excès de masse adipeuse ou de l’inactivité physique, modifie fondamentalement l’environnement dans lequel se trouvent les cellules précancéreuses, favorisant ainsi l’émergence de cellules ayant subi des mutations ou qui contiennent des modifications épigénétiques essentielles à la progression du cancer.

Chez certains animaux, le climat anticancéreux est tellement restrictif qu’il réussit à empêcher complètement le développement de tout cancer.

C’est le cas du rat-taupe qui ne développe jamais de cancer. Le rat-taupe nu (Heterocephalus glaber) est un rongeur d’Afrique très particulier. L’aspect le plus fascinant de cet animal demeure cependant sa capacité à vivre très longtemps et en excellente santé : alors que les rongeurs de sa taille vivent habituellement quatre ou cinq ans, le rat-taupe peut atteindre près de 30 ans, ce qui correspond à presque 600 ans à l’échelle humaine ! Cette longévité exceptionnelle est due à une résistance innée de l’animal aux principales maladies qui accompagnent normalement le vieillissement, dont le cancer.

Cette absence complète de cancer est liée à la très grande plasticité de la peau du rat-taupe. Les fibroblastes, les cellules du tissu conjonctif qui enveloppe les cellules, sécrètent une forme particulière d’acide hyaluronique, une substance visqueuse qui « soude » les cellules entre elles, créant une espèce de « gelée » qui confère à la peau une grande flexibilité. Puisque le tissu conjonctif qui enrobe les cellules représente la première barrière que les cellules cancéreuses doivent franchir pour parvenir à s’implanter dans un tissu donné, la présence de cet acide hyaluronique crée un environnement réfractaire à la croissance tumorale. Même lorsque des cellules cancéreuses très agressives sont injectées à l’animal, elles ne parviennent pas à s’implanter et sont rapidement éliminées. Le rat-taupe illustre donc à quel point les défenses naturellement présentes à l’intérieur d’un organisme peuvent influencer le risque d’être atteint d’un cancer.

Demeurer aussi mince que possible, avec un indice de masse corporelle situé entre 21 et 23. Éviter les boissons gazeuses et réduire au maximum la consommation d’aliments très riches en énergie et contenant de fortes quantités de sucre et de gras. (Source : WCRF)

Au cours des dernières années, une multitude de produits surchargés de gras, de sucre, de sel et de farines raffinées, mais dépourvues de plusieurs nutriments essentiels, ont littéralement envahi l’espace public et entraîné une modification sans précédent des habitudes alimentaires de la population. Ces aliments, qu’il s’agisse de boissons gazeuses, de collations et de friandises, de repas surgelés ou autres produits « modernes » issus des multinationales alimentaires, sont très souvent de pures créations industrielles, un mélange d’ingrédients purifiés (gras, sucre, sel, additifs divers) qui ont été savamment assemblés pour donner naissance à des produits attrayants, faciles d’utilisation et pouvant être conservés sur de longues périodes. La plus grande révolution engendrée par ces produits industriels transformés a toutefois été de concentrer l’énergie contenue dans la nourriture à des niveaux sans précédent, plusieurs fois plus élevés que dans les aliments provenant de la nature. Une simple friandise, avalée en quelque seconde à peine, est une véritable « bombe » d’énergie contenant plus de calories qu’un repas complet à base de soupe ou de salade, tandis qu’un simple trio de restauration rapide mangé sur le pouce, parfois même dans la voiture, peut combler presque à lui seul les besoins caloriques pour une journée entière. L’impact de cette industrialisation de la nourriture a été remarquable : alors que ces produits n’existaient pas il y a un siècle à peine, ils représentent actuellement plus de 75% des ventes de nourriture à l’échelle mondiale.

Le sucre et le gras sont des sources d’énergie essentielles à la survie, et nous sommes biologiquement attirés par ces substances, mais il ne viendrait à l’idée de personne de manger directement à partir du sucrier les quelque cuillerées de sucre contenues dans une cannette de boisson gazeuse, ni de boire les quatre cuillerées d’huile de cuisson présentes dans un petit paquet de chips. Si un grand nombre de ces produits industriels sont aussi attirants, c’est surtout parce qu’ils ont été soigneusement élaborés pour induire un « optimum sensoriel », soit la réaction la plus favorable possible du cerveau en réponse au goût, à l’apparence et à la texture de ces aliments. Une réussite sur toute la ligne, d’ailleurs, car plusieurs études ont clairement démontré que la simple vue d’aliments riches en sucre et en gras et suffisante pour activer les régions cérébrales impliquées dans le circuit de la récompense et responsable de la sensation de plaisir associée à une action que le cerveau interprète de manière positive. Une étude réalisée par résonance magnétique, une technologie qui permet de visualiser en temps réel l’activité du cerveau, a même révélé qu’une seule cuillerée de crème glacée est suffisante pour stimuler ces zones cérébrales ! Les aliments industriels qui pullulent dans notre environnement n’ont donc rien d’anodin ; il s’agit en réalité de produits très complexes dont la pauvreté nutritionnelle est masquée par un surplus de sucres et de gras agencés de façon à créer une « expérience » cérébrale unique qui encourage leur consommation.

Plusieurs études réalisées sur des rongeurs ont clairement établi que l’activation des circuits cérébraux de la récompense par le sucre et le gras présente de grande similarité avec celle qui est provoquée par certaines drogues. À ce propos, il est d’ailleurs intéressant de noter que des animaux ayant le choix entre une boisson sucrée et une dose intraveineuse de cocaïne développent une préférence marquée pour le sucre. De la même façon, des animaux qui ont un libre accès à des aliments gras comme des saucisses, du bacon ou du gâteau au fromage deviennent rapidement dépendants de cette nourriture, une addiction caractérisée par la consommation compulsive de ces aliments, et cela même lorsqu’elle est associée à l’administration de chocs électriques. Cette dépendance au gras s’accompagne aussi d’une tolérance envers ces aliments associés à une diminution de la production de dopamine responsable de la sensation de plaisir, ce qui pousse les animaux à manger encore plus pour compenser cette carence hédonique. Une diminution de la réponse de récompense a aussi été observée chez les humains après la consommation fréquente de crème glacée, cette tolérance pouvant favoriser une surconsommation subséquente de l’aliment pour obtenir la satisfaction recherchée. Puisque la perte de contrôle et la tolérance à une substance sont des caractéristiques bien connues de la dépendance aux drogues, plusieurs chercheurs ont émis l’hypothèse que la surcharge en sucre et en gras des aliments industriels modernes pourrait être addictive et induire chez certaines personnes une dépendance similaire à celle qui est associée à l’usage des drogues.

L’industrie alimentaire est pour sa part totalement dépendante d’aliments hyper-caloriques, sans lesquels elle ne peut espérer maintenir son emprise sur nos habitudes alimentaires. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette industrie consacre des moyens considérables à cibler les jeunes à l’aide de publicité, de jouets ou de placements de produits ; il s’agit d’un effort délibéré de fidéliser le plus tôt possible une toute nouvelle génération de consommateurs en influençant dès l’enfance leur goût pour le gras et le sucré. Il ne faut donc pas voir les aliments industriels hypertransformés comme une source de nourriture comme les autres, mais bel et bien comme des marchandises des produits de consommation fabriqués à partir d’ingrédients bas de gamme et peu coûteux, mais qui, en raison de leur attrait calorique et d’une mise en marché très agressive, parviennent à être vendus à grande échelle et à générer des profits faramineux. En Amérique, à peine une dizaine de géants alimentaires contrôlent plus de la moitié des ventes de nourriture, et il ne faut jamais oublier que le principal objectif de ces multinationales est d’afficher une croissance profitable pour les dirigeants et les actionnaires, même si cela entraîne la mise en marché de produits de piètre qualité du point de vue nutritionnel. Et qu’on le veuille ou non, comme pour l’industrie de la cigarette, les intérêts corporatifs de ces sociétés sont incompatibles avec la santé des consommateurs.

L’impact immédiat de la prolifération des aliments industriels hypertransformés a été d’augmenter significativement la quantité de calories consommées par la population (Figure 23). Aux États-Unis, par exemple, l’arrivée massive de ces produits, à partir des années 1980, s’est accompagnée d’une hausse progressive de l’apport calorique, qui a atteint un sommet de 2 700 kcal jour par personne au début du millénaire, soit une augmentation de 25% par rapport à il y a vingt ans à peine.

Puisque le niveau d’activité physique est demeuré inchangé durant cette période, cet apport supplémentaire d’énergie a évidemment eu des répercussions majeures sur le poids corporel de la population : 70% des personnes sont actuellement en surpoids (IMC > 25), comparativement à 50% de la population en 1980, dont 34% sont même obèses (IMC > 30), presque le triple par rapport à il y a trente ans (Figure 24).

L’omniprésence de sucre dans l’alimentation industrielle moderne est la grande responsable de cette consommation de calories excédentaires. Alors que le sucre était un ingrédient presque exclusivement retrouvé dans les desserts ou autres petites « gâteries » occasionnelles, on estime que 80% des quelques 600 000 produits alimentaires disponibles actuellement contiennent des sucres ajoutés. Presque rien n’est épargné, qu’il s’agisse des céréales, collations, pains, vinaigrettes, sauces ou yaourts, surtout lorsque ces produits sont proposés dans une version « faible en matières grasses » : un simple yaourt à 0% de matières grasses et aromatisé à la vanille peut contenir jusqu’à cinq cuillerées à café de sucre, soit la moitié retrouvée dans une cannette de boisson gazeuse ! Nous sommes donc quotidiennement exposés à des quantités faramineuses de sucre, bien souvent malgré nous, et plusieurs chercheurs soutiennent que cette consommation accrue pourrait être à l’origine de la hausse rapide de la proportion de la population en surpoids observée au cours des dernières années.

Le sucre que l’on ajoute aux aliments industriels est principalement sous forme de saccharose (le sucre de table) ou de sirop de maïs enrichi en fructose (high fructose corn syrup, ou HFCS, en anglais). Dans les deux cas, ces sucres sont formés par l’assemblage d’une molécule de glucose et d’une molécule de fructose : ce que l’on appelle saccharose est un sucre composé de 50% de glucose et 50% de fructose, alors que le HFCS contient quant à lui 45% de glucose et 55% de fructose. Si le HFCS est une pure création industrielle et qu’il peut sembler plus nocif que le sucre de table « naturel », ces deux sucres sont biochimiquement similaires et exercent donc des effets identiques sur l’organisme.

Une consommation excessive de sucre est néfaste pour la santé car elle provoque une surcharge des mécanismes qui servent à maintenir les concentrations de glucose à des niveaux compatibles avec le bon fonctionnement de l’organisme. Une quantité de glucose qui excède les besoins énergétiques, par exemple, est convertie en graisse et entreposée par la suite dans le tissu adipeux, ce qui mène avec le temps à une augmentation de la masse corporelle. La gestion du fructose excédentaire, quant à elle, est encore plus problématique, car notre métabolisme est démuni face à cette substance qui s’accumule dans le foie où elle est transformée en gras. Ces réponses du corps à l’excédent de sucre peuvent à la longue causer des dérèglements majeurs du métabolisme, notamment l’apparition d’une hyperglycémie chronique qui peut mener au diabète de type 2.

L’excès de fructose semble perturber la fonction hépatique et entraîner des dérèglements importants des lipides sanguins, un facteur de risque de maladies cardiovasculaires, sans compter que des études récentes suggèrent que certaines cellules cancéreuses pourraient utiliser préférentiellement le fructose pour croître.

Si les Américains sont incontestablement les champions « poids lourds » à l’échelle mondiale, les habitants d’autres pays ont aussi vu leur tour de taille augmenter considérablement au cours des dernières années. La mondialisation des échanges commerciaux a permis la diffusion d’une vaste gamme d’aliments industriels transformés dans l’ensemble du monde, et tous les pays, sans exception, qui ont adopté ces nouvelles habitudes alimentaires doivent composer avec une plus grande proportion d’individus obèses. La forte progression de la consommation de produits industriels hypercaloriques, dans les pays en transition économique, est à cet égard particulièrement troublante, car la hausse de l’obésité qui en découle coexiste dans plusieurs cas avec une insécurité alimentaire et une malnutrition de ces populations.

La grande disponibilité et le faible coût des aliments hypertransformés permettent aux personnes pauvres de subvenir à leurs besoins en énergie, mais la carence en éléments nutritifs de ces aliments fait en sorte que l’excès de calories s’accompagne paradoxalement d’une carence nutritionnelle. L’industrialisation à outrance de l’alimentation sans égard pour la santé des consommateurs fait en sorte qu’un milliard de personnes souffrent de la faim pendant que deux milliards sont en surpoids.

Obésité et cancer

Une des conséquences les plus graves de l’épidémie d’obésité qui déferle actuellement sur la planète, dans les pays riches autant que dans les pauvres, est l’augmentation radicale de plusieurs maladies associées au surpoids. Le tissu adipeux n’est pas une masse inerte qui ne sert qu’à accumuler passivement l’excédent d’énergie sous forme de graisse ; les cellules qui composent ce tissu, les adipocytes, sont au contraire très dynamiques et relâchent une foule d’hormones, dont la leptine et l’adiponectine, qui jouent un rôle très important dans le contrôle adéquat du métabolisme. En revanche, lorsque les adipocytes accumulent une quantité excessive de gras, le stress qui leur est imposé bouleverse leur fonctionnement et crée un climat d’inflammation chronique de faible intensité et indétectable, mais qui perturbe néanmoins l’équilibre général du corps. Le tissu adipeux des personnes obèses agit comme un véritable aimant qui attire les cellules inflammatoires du système immunitaire, en particulier les macrophages, et la production de facteurs inflammatoires par ces cellules joue un rôle prédominant dans la hausse spectaculaire du risque de maladies intimement associées à l’obésité, comme le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.

Plusieurs études indiquent que le surpoids représente également un facteur important de risque de cancer. L’augmentation de l’indice de masse corporelle est liée à une hausse significative de l’incidence de cette maladie et de la mortalité qui y est associée, particulièrement pour les cancers de l’œsophage, de l’utérus, du côlon, du sein et du rein.

Parmi les mécanismes en cause, la multiplication de certaines molécules inflammatoires qui découle de l’excès de graisse instaure des conditions favorables à l’apparition de mutations parmi les cellules précancéreuses. Il est d’ailleurs intéressant de noter que plusieurs des cancers fréquents chez les personnes obèses touchent des organes de la cavité abdominale (utérus, côlon, rein), possiblement parce que l’excédent de graisse qui enveloppe ces organes procure un environnement riche en molécules inflammatoires qui soutiennent la progression du cancer. Plus l’excédent de graisse est important, plus ce soutien est favorisé. Par exemple, les hommes qui ont accumulé 20 kg durant leur vie adulte ont 60% plus de risques de développer un cancer du côlon que ceux qui sont parvenus à limiter leur gain à 5 kg. Cet effet procancéreux des molécules inflammatoires est observé même lorsqu’une personne en surpoids est considérée en bonne santé métabolique, c’est-à-dire qu’elle ne présente pas de signes avant-coureurs de diabète, d’hypertension ou de maladies du cœur. Être à la fois obèse et en bonne santé est donc un mythe, car les personnes en surpoids sont à plus haut risque de développer certains cancers que les personnes de poids normal.

D’autres facteurs peuvent également contribuer à la hausse du risque de cancer associée au surpoids. Les personnes obèses ont des taux d’hormones stéroïdiennes considérablement modifiées, comparativement aux personnes minces, conséquence d’une hyperactivité de l’aromatase, une enzyme qui convertit les androgènes en œstrogènes dans les cellules adipeuses. Ce surplus d’œstrogènes pourrait jouer un rôle important dans l’éclosion de cancers dépendants de ces hormones, comme ceux du sein, de l’utérus et des ovaires. Un autre effet négatif de l’obésité est de modifier fondamentalement le métabolisme du sucre en perturbant la capture du glucose sanguin par les organes en réponse au signal de l’insuline. Ce phénomène, appelé résistance à l’insuline, est associé à une augmentation du taux de sucre dans la circulation sanguine (hyperglycémie), ainsi qu’à un surplus d’insuline, sécrétée en trop grande quantité par le pancréas pour compenser son activité plus faible. Après un certain temps, la fonction sécrétrice du pancréas s’amenuise, et la disparition de l’insuline mène au diabète de type 2.

Plusieurs études indiquent que ces dérèglements du métabolisme du glucose jouent un rôle important dans le développement de plusieurs types de cancer chez les personnes en surpoids. Par exemple, le diabète est associé à une augmentation d’environ 40% du risque de cancer du sein, ce qui pourrait expliquer la hausse alarmante de ce cancer à l’échelle mondiale à la suite de la propagation des mauvaises habitudes alimentaires modernes. Mais même en l’absence de diabète, l’hyperglycémie semble suffisante pour élever le risque de cancer les personnes présentant un taux de glucose à jeun supérieur à la normale ayant jusqu’à deux fois plus de risques de mourir prématurément de cette maladie.

 

[1] DR. RICHARD BÉLIVEAU, DR. DENIS GINGRAS, La méthode anti-cancer, Comment réduire les risques, Alimentation, mode de vie, environnement, Éd. Flammarion.

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